Au lendemain de l’élection législative de 2020, certaines voix se sont élevées au sein l’opposition pour condamner une hypothétique manœuvre visant à faire un « gré à gré » au sommet de l’Etat. La démarche était simple, faire croire à l’opinion publique nationale et internationale, que le gouvernement s’apprêtait à créer un poste de Vice-président, successeur constitutionnel du Président de la République. Si la création en elle-même du poste de Vice-président ne semblait pas poser problème, c’est la supposée raison implicite de sa mise place qui inquiétait les émetteurs du discours. En réalité, 𝗶𝗹𝘀 𝘆 𝘃𝗼𝘆𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝘃𝗼𝗹𝗼𝗻𝘁e 𝗱𝘂 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗲𝗻 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 à 𝗬𝗮𝗼𝘂𝗻𝗱e 𝗱𝗲 𝗹é𝗴𝘂𝗲𝗿, 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗽𝗿e𝘃𝘂𝗲 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟱, 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 à 𝘂𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗶𝗲𝗻𝘀.
De mon point de vue, cette raison est fortement discutable. 𝗜𝗹 𝗺𝗲 𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘀𝗼𝗶𝘁, 𝗮𝘂 𝗰𝗮𝘀 𝗼ù 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘅𝗶𝘀𝘁𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁 𝘃é𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗮𝗹𝗶𝘁é 𝗰𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗺𝗮𝘁ér𝗶𝗮𝘂 𝗲𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹 𝗹𝗮 𝗥é𝘂𝗻𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻.
J’ai eu l’occasion, dès l’acte 1 du meyolisme, de préciser 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐄𝐭𝐚𝐭 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧, 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐛𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐞𝐧𝐭 ; 𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐬 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐚 𝐑éu𝐧𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.
De ce prisme, la période de l’Etat fédéral qui a eu cours en 1961 et 1972, est une source fondamentale dans laquelle doit être puisée l’essence de la construction de l’identité narrative camerounaise. Ceci s’explique par le fait qu’elle regorge tant d’instruments nécessaires à la structuration de cet idéal. L’un d’eux est le poste de Vice-président de la République.
L’article 8 de la Constitution du 1er septembre 1961 instituant l’Etat fédéral dispose ceci « Le président de la République fédérale, chef de l’État fédéral et chef du gouvernement fédéral, veille au respect de la Constitution fédérale, assure l’unité de la Fédération et la conduite des affaires de la République fédérale. 𝐈𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭é 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐚 𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧 𝐯𝐢𝐜𝐞-𝐩𝐫és𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑é𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐟é𝐝é𝐫𝐚𝐥𝐞 ».
La création du poste de Vice-président de la République fédérale était l’aboutissement du processus de négociation entre la délégation de la République du Cameroun (ancien territoire sous mandat et sous tutelle de la France indépendant depuis le 1er janvier 1960) et la délégation du Southern Cameroons (territoire quasi fédéral sous tutelle de la Grande-Bretagne). Le poste de Vice-président matérialisait la réalité biculturelle au sens du nouvel Etat. 𝗖𝗮𝗿 𝗲𝗻 𝗲𝗳𝗳𝗲𝘁, 𝘀’𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝘀𝗲 𝗿é𝗷𝗼𝘂𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝘂𝗻𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝘃𝗲𝗻𝘂𝗲, 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗮𝗰𝗿𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗶𝘀𝗲 𝗲𝗻 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘃𝗶𝘀és 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗼-𝗯𝗿𝗶𝘁𝗮𝗻𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗺𝗮𝗿𝘀 𝟭𝟵𝟭𝟲 ; 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 é𝗴𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘁𝗿𝗲 𝗾𝘂’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝟭𝟵𝟭𝟲 𝗲𝘁 𝟭𝟵𝟲𝟭, 𝗰𝗵𝗮𝗰𝘂𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝘁é𝘀 𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗻𝘂 𝗹’𝗶𝗻𝗳𝗹𝘂𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗘𝘁𝗮𝘁 𝗺𝗮𝗻𝗱𝗮𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝗽𝘂𝗶𝘀 𝘁𝘂𝘁é𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲.
Au moment donc où se crée l’Etat fédéral, ce sont deux entités culturelles du point de vue de la gestion des affaires publiques, de la gestion de la politique et de l’histoire récente qui sont mises en commun. Il convient à ce niveau de faire une précision qui me semble importante. 𝗝𝗲 𝗹’𝗮𝗶 𝗱’𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗮𝗰𝘁𝗲 𝟭𝟯 𝗱𝘂 𝗺𝗲𝘆𝗼𝗹𝗶𝘀𝗺𝗲. 𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗺𝗽é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗳, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗮𝗻𝗮𝗹𝘆𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗘𝘁𝗮𝘁𝘀, 𝗲𝘁 𝘀𝗶𝗻𝗴𝘂𝗹𝗶é𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗱’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗱𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗻𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗱𝗶𝗳𝗳e𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹’𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗼𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲𝘀𝘀𝘂𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗮𝗯𝗼𝘂𝘁𝗶 à 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗰𝗿éa𝘁𝗶𝗼𝗻.
S’agissant de l’histoire de l’Etat du Cameroun que nous connaissons aujourd’hui, bilingue et biculturel, il est la conséquence de la Réunification. En prenant pour référence cet événement, la création du poste de Vice-président de la République obéissait à la réalité du paysage historique. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il était inscrit dans l’article 9 « 𝗟𝗲 𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗳é𝗱é𝗿𝗮𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝘃𝗶𝗰𝗲-𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁, 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 ê𝘁𝗿𝗲 𝗼𝗿𝗶𝗴𝗶𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱’𝘂𝗻 𝗺e𝗺𝗲 Et𝗮𝘁 𝗳é𝗱éré, sont élus sur une même liste au suffrage universel, direct et secret ».
La Constitution du 2 juin 1972 instituant l’Etat unitaire va supprimer le poste de Vice-président, sans pour autant éclipser la réalité d’une cogestion du pouvoir, même si elle peut sembler édulcorée entre le Président de la République et le Président de l’Assemblée Nationale, ce dernier étant devenu la seconde personnalité du pays. 𝗔𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗱𝗼𝗻𝗰 𝗹𝗲 𝘁𝗮𝗻𝗱𝗲𝗺 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗩𝗶𝗰𝗲-𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗳é𝗱é𝗿𝗮𝗹𝗲 (𝗔𝗵𝗶𝗱𝗷𝗼-𝗠𝘂𝗻𝗮), 𝘀𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲 𝗲𝗻 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝗽𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗨𝗻𝗶𝗲 𝗲𝘁 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝘀𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹é𝗲 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 (𝗔𝗵𝗶𝗱𝗷𝗼-𝗠𝘂𝗻𝗮).
La constitution du 18 janvier 1996, tout en maintenant le Cameroun sous la forme unitaire, lui ajoute la décentralisation comme mode de gestion de l’Etat.
𝗔𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗲𝗻𝘁𝗿é𝗲 𝗲𝗻 𝘃𝗶𝗴𝘂𝗲𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗟𝗼𝗶 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗮𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹𝗲, 𝗹𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝗿𝗮𝗱𝗼𝘅𝗲 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻𝗮𝗶𝘀 𝘀’𝗲𝘀𝘁 𝗮𝗰𝗰𝗿𝘂 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗺𝗼𝗻 𝗲𝘀𝗽𝗿𝗶𝘁. 𝗧𝗼𝘂𝘁 𝗲𝗻 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝗮𝗻𝘁 𝗹’𝗘𝘁𝗮𝘁 𝘂𝗻𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝗹𝗲 𝗹é𝗴𝗶𝘀𝗹𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗾𝘂𝗲 « 𝗦𝗮𝗻𝘀 𝗽𝗿é𝗷𝘂𝗱𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗿é𝘃𝘂𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗻𝘁 𝘁𝗶𝘁𝗿𝗲, 𝗹𝗮 𝗹𝗼𝗶 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗰𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗽é𝗰𝗶𝗳𝗶𝗰𝗶𝘁é𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗥é𝗴𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗳𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 ».C’est dire qu’implicitement, la Réunification était célébrée, mais à dose homéopathique.
La crise anglophone qui a éclaté en 2016, a remis au goût du jour, l’exigence de la réconciliation avec l’histoire de l’Etat du Cameroun. La convocation et la tenue du Grand Dialogue National duquel est sorti un esprit nouveau fait d’emprunt historique et d’éléments prospectif, a notamment conduit à l’institutionnalisation d’un code de la décentralisation plus adapté à la réalité historique de l’Etat du Cameroun.
Il se vit notamment à travers le statut spécial accordé aux Régions du NOSO, ce qui de mon point de vue s’inscrit dans la marche vers la construction de l’identité camerounaise.
Dans ce mouvement, la création du poste de Vice-président de la République marquerait une étape importante du processus, au moins pour deux raisons.
𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶e𝗿𝗲, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗻𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲𝘀𝘀𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗱é𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻 𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮𝘂 𝗖𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻. 𝗗𝗲 𝗺𝗼𝗻 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝘃𝘂𝗲, 𝗹𝗲 𝗩𝗶𝗰𝗲-𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥é𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲, à 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗳𝗳é𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗲𝘅𝗶𝘀𝘁é 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝟭𝟵𝟲𝟭 𝗲𝘁 𝟭𝟵𝟳𝟮, 𝗮𝘂𝗿𝗮 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗿é𝗰𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁𝗲 𝘀𝗲𝗿𝗮 𝗱𝗲 𝗴é𝗿𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁é𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗿𝗶𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗱é𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀é𝗲𝘀. En l’état, la décentralisation, du fait de l’organisation de l’Etat, ne saurait véritablement prendre son envol.
L’existence d’un Ministère de la Décentralisation et du Développement Local, soumis aux mêmes exigences que tous les autres ministères, ne peut porter un projet aussi important. 𝗘𝗻 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗩𝗶𝗰𝗲-𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗮𝗹𝗲 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗹𝗮 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱é𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗹𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁é𝘀 𝗧𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗿𝗶𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗗é𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀é𝗲𝘀 𝗮𝘂𝗿𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘁𝗿𝗼𝗻 𝗮𝘂𝘅 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿𝘀 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗮 𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗽𝗲𝘀𝗲𝗿 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲𝘀𝘀𝘂𝘀. La gestion de la décentralisation serait également un bon apprentissage pour la seconde autorité du pays, une sorte d’antichambre où se façonne le futur Président.
La seconde est liée au basculement dans la représentativité dans les instances de gouvernance.
Depuis le retour du poste de Premier ministre en 1989, il s’est observé une forme de partage de pouvoir entre le triangle constitué du Grand Sud, du Grand Nord et du NOSO. Le Grand Sud occupant la Présidence de la République, le Grand Nord et le NOSO oscillant entre l’Assemblée Nationale et la Primature.
La mise en place effective du Sénat en 2013, est venue bouleverser cet équilibre en instituant élément du Grand Sud comme deuxième autorité du pays avec à la clé, la gestion de la vacance du pouvoir. En instituant le poste de Vice-président de la République, l’équation deviendrait plus simple.
Cette démarche suppose automatiquement la suppression du poste de Premier ministre Chef du Gouvernement, donnant la configuration suivante.
– Un Président de la République ;
– Un Vice-président de la République ;
– Un Président du Sénat et
– Un Président de l’Assemblée Nationale.
𝗗𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘁 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗻𝗲 𝘀’𝗼𝗽𝗽𝗼𝘀𝗲, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝘁é 𝗻𝗮𝗿𝗿𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲 𝗰𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻𝗮𝗶𝘀𝗲, 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗱e𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿𝘀 𝗱𝘂 𝗩𝗶𝗰𝗲-𝗽𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝘂𝗻 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗼𝗿𝘁𝗶𝘀𝘀𝗮𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗡𝗢𝗦𝗢.
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