Le 30 août dernier, le village de Ndele, dans l’arrondissement de Zoétélé, a rendu un ultime hommage à Mba Belinga Élie Albert, patriarche vénéré, gardien des traditions et phare spirituel de sa communauté. Né en 1932 de Mba Essama Joseph et de Ekossono Bekono Salomé, Mba Elie Albert s’en est allé, emportant avec lui un héritage inestimable celui d’une vie consacrée à l’amour, à la foi, à la transmission des valeurs. Il était, à bien des égards, une bibliothèque vivante, dont les pages se ferment désormais dans le recueillement et la mémoire.
Un patriarche, mémoire d’un peuple.
Respecté de tous, Mba Elie Albert était bien plus qu’un chef de famille. Il incarnait la mémoire ancestrale, la voix des anciens, la sagesse des jours passés. Il fut un véritable trait d’union entre les générations, transmettant avec rigueur et humilité les rites, les proverbes, les valeurs culturelles et les traditions qui fondent l’identité du peuple Ekang et, plus largement, celle du Cameroun profond.
Modèle d’humilité et de dignité, il jouait le rôle d’intercesseur auprès des ancêtres, de conciliateur dans les conflits, et de conseiller avisé dans les moments de trouble comme dans les instants de joie. Sa maison était une école de vie, un sanctuaire de paix, un lieu de sagesse.
Au-delà du chrétien, un catéchiste engagé.
Sa foi ne se résumait pas à une simple pratique religieuse : elle était un mode de vie. Baptisé dès son plus jeune âge, Mba Belinga Élie Albert fut un fidèle engagé de l’Église Presbytérienne Camerounaise (EPC) notamment à la paroisse de Ndele, où il a longtemps servi comme ancien de l’Eglise et catéchiste. Par sa voix calme, ses prières ferventes, ses bénédictions pleines de foi, il guidait les fidèles vers une spiritualité vivante et incarnée.
Son engagement ecclésial était empreint d’une rare fidélité. Il représentait une coexistence harmonieuse entre tradition culturelle et foi chrétienne, deux piliers fondamentaux qu’il a su faire dialoguer dans sa vie personnelle comme dans son engagement communautaire.
Une perte immense pour la communauté.
La disparition de Mba Elie Albert est une blessure profonde, tant pour sa famille nucléaire que pour l’ensemble de la communauté chrétienne et culturelle. En lui, s’éteint une voix, un regard, une mémoire. Mais son exemple demeure. Il rappelle l’urgence de préserver les savoirs, de respecter les anciens, de transmettre les valeurs, de faire vivre les traditions et la foi dans une société qui tend parfois à les oublier.
Reconnaissance unanime et adieu émouvant.
Familles, amis, fidèles, et associations chrétiennes sont venus nombreux pour honorer une vie exceptionnelle à l’esplanade de la paroisse EPC de Ndele. Tous saluent unanimement l’endurance, l’abnégation et l’engagement spirituel de cet homme à la parole rare et au sourire réconfortan. L’Association Chrétienne des Hommes (ACH), dont il fut un membre influent, a souligné la perte inestimable que représente son départ : un guide s’en va, et avec lui, un pan de mémoire collective.
Un héritage vivant.
Père de neuf enfants et grand-père de plus d’une centaine de petits et arrière-petits-enfants, Mba Belinga Élie Albert laisse derrière lui une descendance nombreuse, témoin vivant de son passage sur cette terre. Son enterrement s’est déroulé dans la dignité et la foi, marqué par une homélie profonde invitant chacun à faire de sa vie une “fenêtre ouverte” sur l’amour, la paix, et la vérité.
Rédaction Impact Échos.
