Sur le théâtre bouillant de Yaoundé, ce jeudi, la pelouse du stade est devenue une arène de colère. Ce qui devait être une simple bataille sportive de la 5ᵉ journée des interpoules entre Mintack FC (Haute-Sanaga) et Kumba City FC s’est mué en véritable émeute des passions.
Au centre du tumulte : Ndanga Mundi, l’homme au sifflet, sacré grand prêtre du coup de sifflet sacré sous l’ère Eto’o, a vu sa tunique d’impartialité être arrachée au propre comme au figuré. Jeté en pâture à la vindicte populaire, déshabillé, tabassé, humilié, il est devenu le symbole d’un football en pleine décomposition. Une scène d’apocalypse virale, amplifiée par les échos numériques des réseaux sociaux.
Les supporters, furieux, criaient à la trahison. À leurs yeux, Ndanga n’arbitrait plus : il sculptait le match à sa convenance, au mépris du jeu. 52 fautes sifflées contre Mintack, 9 cartons jaunes, 1 expulsion, un penalty tombé du ciel, un autre effacé comme par magie, un coup franc fantôme qui a accouché du but fatal, et 16 hors-jeux venus d’un autre monde. Trop, c’était trop.
Mais ce n’est pas le premier orage autour de l’arbitre Ndanga. Déjà en juin, il était dans l’œil du cyclone. Dans les colonnes de L’Œil du Sahel, j’alertais sur son étrange ballet : six matchs en six jours, des sprints d’un stade à un autre, sans repos ni recul. Une cadence infernale, orchestrée dans l’ombre par une FECAFOOT en guerre avec l’association des arbitres. Ndanga devenait alors l’arbitre omniprésent, le doigt levé au moindre contact, le sifflet facile, protecteur des puissants et bourreau des laissés-pour-compte.
Aujourd’hui, la marmite a débordé. Le public, lassé d’être pris pour un figurant dans une pièce mal jouée, a décidé de faire tomber le rideau lui-même. Ndanga, l’homme qui faisait la pluie et le beau temps sur les pelouses, est désormais le visage d’un système perçu comme pourri jusqu’à la moelle.
Dans ce climat électrique, une chose est sûre : le football camerounais ne joue plus seulement à 11 contre 11 il joue contre ses propres démons. Et Ndanga Mundi, qu’il le veuille ou non, en est devenu le symbole vivant, le cœur battant d’une polémique qui n’a pas fini de faire des vagues.
Alain René Essiane
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