La 19e édition des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles a été lancée le 25 novembre à Yaoundé sous la présidence de la Ministre Marie Thérèse Abena Ondoa. Cette année, l’accent est mis sur la lutte contre les violences numériques, un phénomène en pleine expansion et dont les conséquences brisent des vies entières.
Placée sous le thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles », l’édition 2024 a réuni des acteurs institutionnels, technologiques et sécuritaires, dont Camtel, Antic, la DGSN et Orange Cameroun. Tous ont souligné la nécessité d’intensifier les efforts pour protéger les femmes dans un espace numérique devenu à la fois indispensable et risqué.
La Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN) a mis en lumière outre les efforts consentis une préoccupation majeure: le besoin urgent de former les agents de police à la prise en charge des victimes de cyberviolences. Selon la commissaire divisionnaire, cette formation est essentielle pour garantir des interventions plus rapides, efficaces et adaptées aux réalités numériques actuelles.
Entre opportunités et dangers: un espace numérique ambivalent.
Pour l’ART, le numérique n’est pas seulement un espace de risques: c’est aussi un levier de leadership et d’expression pour les femmes, à condition qu’elles y évoluent en sécurité. Mais la vigilance reste de mise. Une actrice engagée dans la lutte a rappelé que la protection commence aussi par des comportements prudents: « Les femmes et jeunes filles doivent s’abstenir de se filmer nues et d’envoyer ces contenus à leurs partenaires. Lorsqu’une relation s’achève, ces images deviennent souvent des armes de violence.» Une autre intervenante a dénoncé avec force le revenge porn et les multiples atteintes à l’intimité en ligne, insistant sur l’importance de déposer plainte. Pour elle, seule une culture de la dénonciation permettra à l’État de mesurer pleinement l’ampleur de ces violences et d’y apporter des réponses adaptées.
« Un fléau mondial aggravé par le numérique. »
La représentante des Nations Unies a rappelé que la violence faite aux femmes demeure un problème global, aujourd’hui amplifié par la rapidité de circulation et la portée du numérique. La Ministre Marie Thérèse Abena Ondoa, quant à elle, a évoqué les multiples formes de violences qui « fragilisent et brisent la vie familiale, professionnelle et sociale » des femmes, rappelant l’urgence de renforcer les mécanismes de protection. Dans tout le pays, des activités menées par les partenaires et associations seront déployées dans les régions et localités afin de diffuser largement le message de prévention et de solidarité a souligné madame Ongoloa.
Si les institutions renforcent leurs dispositifs, si les organisations multiplient les actions et si les autorités appellent à une prise de conscience collective, la première ligne de défense reste la femme elle-même. Dans un espace numérique où tout peut circuler, s’archiver et resurgir, il est vital pour chaque femme et chaque jeune fille d’être sa propre gardienne, de protéger son image, ses données et sa dignité.
Ghislain ler David AME
