Quinze ans après la disparition du colonel Avi Sivan, père fondateur du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), le Cameroun mesure plus que jamais l’ampleur de son héritage. Né d’une vision audacieuse et forgé dans les crises, le BIR s’est imposé comme l’unité la plus redoutée et la plus décisive du pays, présente sur tous les fronts contre le terrorisme, la piraterie, le grand banditisme et les menaces séparatistes. Retour sur un héritage militaire qui a changé la trajectoire sécuritaire du Cameroun.
22 novembre 2010 – 22 novembre 2025.
Quinze ans se sont écoulés depuis l’accident d’hélicoptère qui a coûté la vie au colonel Abraham Avi Sivan, fondateur visionnaire du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), et à cinq officiers camerounais. Ce drame, qui a profondément marqué l’armée, a aussi scellé la naissance d’une transformation militaire sans précédent au Cameroun. Avi Sivan, expert israélien respecté autant pour sa rigueur que pour son sens stratégique, avait conçu le BIR comme une unité d’élite capable de répondre aux menaces les plus complexes. Quinze ans plus tard, son œuvre dépasse toutes les prévisions : le BIR est devenu le bras armé le plus redouté et le plus respecté du pays.
Dans l’Extrême-Nord, l’unité s’est imposée comme le principal adversaire de Boko Haram. Ses interventions de l’Opération Alpha à la bataille de Waza ont repoussé l’avancée terroriste et sécurisé des zones entières autrefois vulnérables. Ses opérations de libération d’otages, souvent menées au cœur de territoires hostiles, ont renforcé son aura d’efficacité et de détermination.
Sur mer: protéger la souveraineté nationale.
Avec le BIR-Côte, le Cameroun a trouvé son bouclier maritime. Dans la zone hautement stratégique de Bakassi, les unités rapides du BIR ont réduit la piraterie, protégé les installations pétrolières et assuré la stabilité du golfe de Guinée. Une prouesse qui a amélioré la sécurité maritime nationale et la confiance des opérateurs économiques. Dans l’Adamaoua, longtemps frappée par les enlèvements et le grand banditisme, le BIR a changé la donne : neutralisation de gangs armés, libérations d’otages, récupération d’armes, installation de nouvelles bases pour un contrôle rapproché du territoire. Un travail de fond qui a redonné confiance aux populations locales.
Crise anglophone: une force de précision.
Le BIR s’est également illustré dans la lutte contre les groupes séparatistes. En 2024, le raid de Bombanda a neutralisé un chef rebelle influent, confirmant la capacité du bataillon à mener des opérations chirurgicales dans des zones instables. De force spéciale présidentielle, le BIR est devenu le pilier de la stabilité camerounaise, présent sur chaque front, capable d’intervenir en quelques minutes et doté d’un niveau d’entraînement que ses alliés comme ses adversaires reconnaissent. L’héritage d’Avi Sivan ne se résume pas à une unité: c’est une philosophie, une discipline et une transformation durable de l’armée camerounaise.
Quinze ans après sa disparition, le BIR incarne la vision, la ténacité et l’ambition du colonel israélien. Une force née d’une tragédie, mais devenue un symbole national.
Gervais Fredy M.
