Présentée comme une alternative sûre aux taxis traditionnels, l’application de transport Yango séduisait surtout les femmes grâce à ses fonctionnalités de traçabilité, rapidité et de géolocalisation. Mais les témoignages d’agressions, de vols et même de tentatives d’assassinat se multiplient. Entre mutisme de l’entreprise et lenteur des autorités, la promesse de sécurité vire au cauchemar.
Arrivée sous les feux des projecteurs comme une alternative moderne et sécurisée aux taxis traditionnels, l’application de transport Yango avait tout pour séduire. Géolocalisation, traçabilité, identification des chauffeurs: pour beaucoup, et surtout pour les femmes, elle représentait enfin un moyen de se déplacer sans craindre les risques des rues urbaines. Mais cette illusion de sécurité s’est rapidement fissurée. Des récits inquiétants se multiplient: agressions, détournements d’itinéraire, vols, violences sexuelles… Certains témoignages évoquent même des tentatives d’assassinat. Face à ces plaintes répétées, Yango reste silencieux, le système opaque, et les autorités semblent paralysées. La question s’impose: comment un outil censé protéger peut-il devenir une menace publique ?
À la racine du problème, un constat troublant: l’absence de contrôle sur les chauffeurs inscrits. Sans vérifications rigoureuses ni filtrage sérieux, la plateforme laisse entrer des opérateurs inconnus et parfois dangereux. La technologie, capable de tracer chaque course, se révèle impuissante lorsque régulation et surveillance font défaut. Pour certains criminels, Yango devient ainsi un outil idéal: discret, rapide, difficile à retracer… et trop souvent impuni. Le plus alarmant reste le mutisme généralisé. Mutisme de Yango, qui se contente de réponses automatiques aux victimes. Mutisme des autorités, incapables d’appliquer des sanctions concrètes. Dans un contexte où le transport urbain déjà instable réclame des règles claires, l’absence de régulation des plateformes numériques constitue une véritable bombe à retardement.
Les femmes, premières séduites par la promesse de sécurité, paient aujourd’hui le prix le plus lourd. Leurs témoignages bouleversants interrogent: comment un service conçu pour rassurer peut-il devenir un espace où l’on redoute désormais le pire ? Il est urgent d’agir. Les pouvoirs publics doivent imposer un encadrement strict: contrôle d’identité et des casiers judiciaires, validation des véhicules, suivi rigoureux des plaintes, sanctions immédiates, voire suspension de l’opérateur. La modernité technologique ne doit pas mettre en danger la vie des citoyens. Chaque passager doit redevenir la priorité absolue.
Le Cameroun ne peut plus fermer les yeux. Ce débat dépasse le simple transport: il s’agit de sécurité publique, de responsabilité et de confiance. Ignorer cette situation, c’est laisser la peur s’installer et accepter que les violences se répètent. Le temps de l’attente est révolu. Le temps de protéger est arrivé.
L’œil du Cyclone
