« La séquence vidéo montrant François Marc Modzom, directeur de l’ESSTIC, réprimander avec une sévérité assumée un étudiant de Licence dont le travail est jugé « très mauvais », est plus qu’un simple fait divers académique. Elle expose, avec une violence didactique, les failles systémiques de cette école, jugée « prestigieuse » (à tort ou à raison), depuis son concours d’entrée jusqu’à son processus de validation des travaux de fin de cycle.
Si le directeur a raison d’exiger l’excellence dans des métiers qui ne tolèrent aucune approximation, son coup de gueule tardif met surtout en lumière l’échec de l’institution à garantir un contrôle qualité rigoureux et préventif.
Le constat du directeur est accablant. Dans un entretien accordé à Radio Campus et dont les extraits ont été relayés par Médiatude, Modzom est ferme : « Ses travaux ne répondaient à aucune norme. Sa réalisation radio, par exemple, avait un son pas commode… C’était mal écrit, mal rendu. Rien n’allait. » Ces carences, d’une gravité telle qu’elles frôlent l’incompétence de base, ne devraient pas se manifester à la fin d’un cursus de haut niveau.
La première question qui s’impose est celle du concours d’entrée. Comment un étudiant présentant de telles lacunes fondamentales a-t-il pu non seulement franchir le seuil d’une école sélective comme l’ESSTIC qui forme la crème des professionnels de l’information et de la communication mais également traverser les années de Licence ?
Cela interroge la pertinence des critères de sélection initiaux. Le concours mesure-t-il le réel potentiel professionnel, la maîtrise des techniques rédactionnelles et la rigueur méthodologique, ou est-il trop axé sur des connaissances générales superficielles, facilement acquises par mémorisation ? Ou alors, il faut avoir les poches pleines (même avec une tête vide) pour décrocher une place ? Le filtre initial du concours est manifestement poreux, laissant l’institution accueillir des profils non préparés aux exigences du marché de l’emploi.
Le directeur cite des manquements formels d’une flagrance déconcertante : un rapport de stage de 25 pages effectives au lieu des 50 pages exigées, rédigé en Corps 14 au lieu de Corps 12. Si l’on applique les critères, cela équivaut à un travail d’à peine une quinzaine de pages.
Ceci n’est pas l’échec du seul étudiant, mais celui de toute la chaîne de validation académique. Comment le directeur de mémoire ou tuteur de stage a-t-il pu accorder son visa de recevabilité ? Le processus de validation des travaux exige l’approbation de l’encadreur, garant de la qualité scientifique, formelle et technique du document. Si cette validation a été donnée, elle relève soit d’une négligence professionnelle inacceptable, soit d’une surcharge chronique de travail pour les enseignants, rendant l’encadrement individuel illusoire.
Laisser un étudiant arriver devant le jury avec un rapport d’une non-conformité aussi criante est une faute de procédure et un gaspillage de temps pour tous les membres du jury. L’incident de la soutenance est le symptôme spectaculaire d’un mal plus sournois : le laxisme qui règne entre le début et la fin du cycle. »
FGM
