À l’issue des scrutins régionaux, sept présidents de Conseils régionaux ont été reconduits à la tête de leurs institutions, tandis que trois régions le Sud, l’Adamaoua et l’Extrême-Nord enregistrent un changement de leadership. Si les résultats traduisent une certaine continuité dans la mise en œuvre de la décentralisation, des contestations observées dans certaines régions révèlent des tensions internes aux partis politiques, aux possibles répercussions sur les législatives à venir.
Les élections des présidents des Conseils régionaux se sont achevées sur une note globalement stable. Sur les dix régions concernées, sept dirigeants sortants ont été reconduits, confirmant la volonté de continuité dans la gouvernance régionale et dans la conduite du processus de décentralisation.
Toutefois, le déroulement des scrutins n’a pas été uniforme sur l’ensemble du territoire. Dans les régions du Sud et de l’Est, les votes ont été marqués par des tensions notables, nourries par des contestations internes au sein du RDPC. Certains militants ont ouvertement exprimé leur désaccord face aux choix des candidats retenus par le comité central du parti, donnant lieu à des scènes assimilées à une forme de fronde politique. Malgré ces remous, les résultats officiels ont été validés. Trois régions connaissent un changement à leur tête, avec l’élection de nouveaux présidents appelés à impulser une nouvelle dynamique dans la gestion des affaires régionales.
Nouvelle configuration des exécutifs régionaux en 2025.
Littoral : Polycarpe Banlog (réélu);
Ouest : Dr Jules Hilaire Focka (réélu);
Centre : Gilbert Tsimi Evouna (réélu);
Sud : Ndo Gervais (nouveau président);
Sud-Ouest : Elango Bakoma Zacheus (réélu);
Nord-Ouest : Pr Fru Angulafo III (réélu);
Adamaoua : Aliou Issa (nouveau président);
Nord : Oumarou Ousmanou (réélu);
Extrême-Nord : Pr Haman Djallo (nouveau président);
Est : Wouamane Mbele (réélu).
Des contestations révélatrices d’enjeux futurs.
Au-delà des chiffres et des reconductions, les contestations enregistrées dans certaines régions constituent un signal politique fort. Elles traduisent un malaise latent au sein des bases militantes, de plus en plus critiques vis-à-vis des processus de désignation jugés centralisés et peu participatifs.
À l’approche des prochaines élections législatives, ces tensions pourraient peser lourdement sur la cohésion des partis politiques. Si elles ne sont pas anticipées et traitées par des mécanismes de dialogue interne, elles pourraient favoriser l’émergence de candidatures dissidentes, fragiliser les bastions électoraux traditionnels ou accentuer la démobilisation de certains électeurs.
Dans un contexte où la décentralisation renforce l’importance des dynamiques locales, la capacité des partis à gérer ces contestations internes apparaît désormais comme un enjeu stratégique majeur. Les scrutins régionaux, au-delà de leur portée institutionnelle, s’imposent ainsi comme un test politique grandeur nature à la veille des législatives.
Gervais Fredy M.
