Le 8 avril 2025 marque une avancée majeure pour le numérique camerounais. ANTIC a activé DNSSEC sur l’extension nationale “.cm”, renforçant la protection des internautes et affirmant la volonté du Cameroun de bâtir un Internet souverain, fiable et conforme aux standards internationaux.
L’activation complète de DNSSEC sur le domaine national “.cm” constitue un tournant important dans la sécurisation de l’écosystème Internet camerounais. Ce mécanisme empêche les redirections vers des sites frauduleux, garantissant aux utilisateurs l’authenticité des plateformes qu’ils consultent. Grâce à cette mise en œuvre, le Cameroun rejoint les rares pays africains dotés d’un domaine national intégralement protégé par DNSSEC, consolidant ainsi sa souveraineté numérique.
Malgré cette réussite technique, les spécialistes rappellent que la sécurité offerte par DNSSEC n’est pleinement efficace que si les fournisseurs d’accès Internet activent eux-mêmes la validation. Or, le taux de validation DNSSEC au Cameroun demeure limité, à seulement 56,60 %. Cette situation expose encore une partie des internautes au risque de détournement DNS ou d’autres attaques. Pour inverser la tendance, ANTIC, accompagnée de l’ICANN et d’AFRINIC, a réuni l’ensemble des acteurs du secteur lors du 5ᵉ Forum National sur le DNS, tenu à Douala du 8 au 10 décembre 2025.
Une ambition nationale: atteindre 98 % de validation d’ici mi-2026.
Lors de l’ouverture du forum, le Directeur Général d’ANTIC, le Prof. Ebot Ebot Enaw, a annoncé une feuille de route ambitieuse : atteindre 98 % de validation DNSSEC et 100 % de déploiement de la RPKI au premier semestre 2026. Ces objectifs doivent permettre de protéger efficacement les usagers contre les menaces telles que le détournement de trafic, l’usurpation de sites ou les attaques par déni de service. Au-delà de la technique, cette dynamique vise à offrir un Internet plus sûr aux étudiants, entrepreneurs et citoyens, tout en renforçant la résilience numérique du pays.
Gervais Fredy Memana.
