Le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM) vient de franchir un cap historique en validant, ce 19 décembre 2025, une enveloppe budgétaire de 367,2 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Au-delà de la performance comptable portée par un taux de recouvrement record de 118 % ce bond de 19 % marque un tournant stratégique pour les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Analyse d’une mutation qui transforme l’ambition régionale en réalité palpable.
L’immeuble siège du FEICOM à Yaoundé a servi de cadre, ce vendredi, à une double session décisive: la 47ème ordinaire et la 44ème extraordinaire de son Conseil d’Administration. Sous la présidence du Ministre Georges Elanga Obam, l’ordre du jour était sans équivoque: doter la « banque des communes » des moyens de ses ambitions pour 2026, année charnière de la décentralisation « acte II ».
L’insolente vitalité d’une ingénierie financière.
Le chiffre est éloquent : 367 225 591 000 FCFA. Cette augmentation substantielle de 58,3 milliards par rapport à l’exercice précédent ne relève pas d’un simple optimisme de circonstance. Elle est le corollaire d’une santé financière robuste. Au 19 décembre 2025, les indicateurs affichent une vitalité rare : un taux de réalisation des objectifs de recouvrement de 118,4 %, soit plus de 235,7 milliards mobilisés. Cette dynamique a permis d’irriguer les territoires avec une efficacité chirurgicale, notamment par la répartition de 177,7 milliards de FCFA aux communes et l’octroi de financements directs à 154 collectivités. Dans l’exégèse des finances publiques, une telle trajectoire consacre l’efficacité opérationnelle de la Direction Générale et sa capacité à défier les prévisions.
Le « Big Bang » de la décentralisation régionale.
Jusqu’ici perçu comme le banquier de proximité, le FEICOM assume désormais une stature de pivot de la solidarité territoriale élargie. L’impact sur les dix Régions du Cameroun s’annonce structurel. En injectant ces ressources massives, l’institution répond à l’urgence de l’équipement des nouveaux conseils régionaux.
Il ne s’agit plus seulement de bitumer des rues, mais de financer le saut qualitatif :
Autonomie technique: La constitution d’un parc intercommunal d’engins de génie civil permettra aux régions de passer de la dépendance à l’auto-exécution.
Résilience climatique: L’accréditation au Fonds d’Adaptation au Changement Climatique inscrit les communes dans la durabilité.
Modernité inclusive: L’introduction d’un budget sensible au genre marque une rupture épistémologique, intégrant les standards internationaux de gouvernance.
Une stature internationale affirmée.
Ce qui frappe l’observateur averti, c’est l’arrimage du FEICOM aux standards de la « Nouvelle Gestion Publique ». En cumulant les certifications ISO 9001, 14001 et 45001, l’institution se hisse au rang des organismes publics les plus performants de la sous-région. Cette crédibilité technique agit comme un catalyseur de confiance auprès de partenaires de premier plan tels que la KfW allemande, l’Union Européenne et la BAD. Le FEICOM opère ici une synthèse rare entre la puissance de frappe d’un fonds souverain et la flexibilité d’une agence de développement. En dotant les CTD de moyens à la hauteur des compétences transférées, l’État transforme l’essai institutionnel en une réalité sociale tangible.
Vers une nouvelle géographie du développement.
En clôturant les travaux, le Ministre Georges Elanga Obam a adressé des félicitations appuyées à la Direction Générale. Entre un climat social apaisé et la réception de 337 infrastructures sur l’ensemble du territoire, le bilan parle de lui-même.
Alors que l’exercice 2026 pointe à l’horizon, l’institution semble plus que jamais prête à relever le défi de la vélocité. Les Régions ont désormais le moteur (le cadre légal) et le carburant (le budget record). La décentralisation n’est plus un slogan de capitale ; c’est, dès aujourd’hui, une force de frappe de 367 milliards de FCFA au service des populations.
GAËL TSALA NKOLO
