Dans quelques heures, le Conseil régional du Sud élira son exécutif. La candidature de Cathy Meba, symbole du combat pour l’égalité des sexes, représente bien plus qu’une victoire pour les femmes : c’est un signal fort pour toute la région, en accord avec la vision du Chef de l’État qui a dédié ce huitième mandat aux femmes et à la jeunesse.
Le Conseil régional du Sud est aujourd’hui le reflet d’un malaise profond: les femmes y sont reléguées au second rang, malgré les engagements internationaux du Cameroun en matière d’égalité des sexes. Sur près de douze responsables de l’exécutif régional, à peine trois femmes étaient représentées, et aucune n’a occupé les fonctions de présidente ou de première vice‑présidente. Cette marginalisation n’est pas un simple hasard: elle s’inscrit dans une culture politique discriminatoire qui exclut les femmes des postes de décision. Le cas de Cathy Meba illustre cette discrimination institutionnalisée. Cette jeune femme, animée par le courage de représenter valablement le genre féminin et d’apporter une voix nouvelle aux femmes dans la gestion régionale, fait face à des attaques ad hominem plutôt qu’à un vrai débat sur ses compétences: ses adversaires préfèrent la réduire à une étiquette « nièce du Président de la République » plutôt qu’affronter ses idées et sa légitimité personnelle. Cette stratégie détourne l’attention du véritable enjeu: l’égalité de genre dans l’accès aux responsabilités politiques.
Pourtant, le Cameroun a signé et ratifié des conventions internationales qui l’engagent formellement à éliminer toute discrimination à l’égard des femmes. Parmi elles:
*La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), ratifiée en 1994, qui impose à l’État de prendre toutes les mesures appropriées pour assurer l’égalité des femmes dans tous les domaines, y compris politique et public.
*La participation à la Déclaration et au Programme d’action de Beijing, qui réaffirme l’engagement à assurer la pleine participation politique des femmes.
*La ratification du Protocole de Maputo, qui engage à garantir la pleine égalité sociale et politique des femmes avec les hommes.
*Sur le plan national, la Constitution camerounaise garantit l’égalité des droits entre hommes et femmes, réaffirmant que « tous les êtres humains sont égaux en dignité et en droits », sans distinction de sexe.
*Le président de la République a lui‑même dédié ce huitième mandat aux femmes et à la jeunesse, soulignant la nécessité de promouvoir la femme et d’en faire un acteur essentiel du développement national, tout en affirmant l’importance de donner aux femmes et à la jeunesse le statut qu’ils méritent.
Dans ce contexte, la marginalisation des femmes au Conseil régional du Sud contredit ces engagements et cette vision présidentielle. Mais l’élection de l’exécutif régional se tiendra dans quelques heures, quelques après l’élection des conseillers le 30 novembre dernier. L’arrivée de Cathy Meba à la tête de l’exécutif régional ne profitera pas seulement aux femmes. Elle représentera un tournant pour toute la région du Sud, servant d’exemple de gouvernance inclusive, respectant la volonté du Chef de l’État et valorisant le potentiel de toutes les composantes de la société. Ainsi, écarter Cathy Meba c’est se proclamer adversaire de la vision du Chef de l’État.
Autrement dit, cette élection serait une victoire pour l’égalité, un signal fort pour les femmes, et un moteur de développement et de crédibilité pour la région du Sud. Mettre Cathy Meba à la tête du Conseil régional, c’est honorer les conventions internationales, la Constitution nationale et la vision présidentielle, tout en donnant à la région l’opportunité de se distinguer comme un modèle de gouvernance équitable et inclusive.
Gervais Fredy Memana.
