À l’issue de la 47ᵉ Réunion annuelle de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), organisée du 23 au 28 novembre 2025 à Yaoundé, les gouverneurs des banques centrales du continent ont porté leur choix sur Yvon SANA BANGUI, Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette élection marque non seulement une reconnaissance de son leadership, mais aussi la confiance accordée à sa vision de coopération monétaire renforcée entre institutions africaines. Dès sa prise de fonctions à la tête de l’ABCA, Sana Bangui a annoncé sa priorité: l’opérationnalisation de l’Institut Monétaire Africain (IMA) en 2026, étape décisive vers la future Banque centrale africaine et la création d’une monnaie unique continentale.
Depuis sa nomination à la tête de la BEAC en février 2024 par la Conférence des chefs d’État de la CEMAC, Sana Bangui s’est imposé comme une figure montante de la gouvernance monétaire africaine. Son style, fait de rigueur, de transparence et de sens du consensus, lui vaut le respect de ses pairs au-delà de la zone CEMAC. Plusieurs banques centrales, dont celles de l’UEMOA, des Comores, de Madagascar, d’Égypte ou encore du Rwanda, saluent déjà sa capacité à impulser des réformes structurantes et à fédérer autour de projets communs.
Conçu comme un organe transitoire, l’IMA devra poser les fondations techniques, juridiques et institutionnelles d’une architecture monétaire commune. Il jouera un rôle crucial dans la convergence macroéconomique des États membres, condition indispensable à l’émergence d’un espace monétaire africain cohérent et autonome. Au-delà des aspects techniques, le chantier porte une ambition politique forte : permettre à l’Afrique de renforcer sa souveraineté monétaire, de réduire sa dépendance aux devises extérieures et de promouvoir un modèle de croissance plus inclusif et durable.
Sous la présidence de Sana Bangui, l’ABCA entend concentrer ses efforts sur quatre axes majeurs : accélérer la convergence macroéconomique, préparer le cadre institutionnel de l’IMA, mobiliser les expertises et partenariats nécessaires à sa mise en œuvre, et consolider la coopération entre banques centrales du continent. Autant de défis que le nouveau président dit vouloir relever avec détermination, dans la perspective d’une intégration monétaire africaine devenue, plus que jamais, un enjeu stratégique.
Gervais Fredy M.
