
Quinze ans d’engagement, une vision renouvelée et une foi inébranlable dans le pouvoir de l’éducation, l’association Femmes Actuelles et Dynamiques de Mintyaeminyumin célèbre son parcours en traçant les sillons d’un avenir agricole plus prospère, plus structuré et profondément humain. À l’occasion de la semaine jubilaire marquant la célébration de ses 15 années d’existence, l’association Femmes Actuelles et Dynamiques de Mintyaeminyumin a démontré qu’au-delà des festivités, l’heure est à l’action, à la réflexion et à la transformation durable. La deuxième journée des manifestations, placée sous le signe de la relève des mentalités et de la transformation structurelle, a mis en lumière une conviction forte: l’éducation demeure la clé qui fortifie la vision et libère le potentiel des femmes rurales.
Dans une ambiance empreinte d’émotions, de partage et d’espoir, plus d’une centaine de membre a pris part à une série de trois ateliers majeurs, articulés autour de l’amélioration du rendement agricole, de la formation aux activités génératrices de revenus et de l’éducation à la santé féminine. Une journée du jeudi dense, stratégique, inspirante et résolument tournée vers l’avenir. Moment phare de cette rencontre, l’atelier animé par le Pr Effa Bridon, spécialiste émérite en développement décentralisé, a insufflé une dynamique nouvelle. Avec pédagogie et engagement, l’universitaire a démontré qu’il est possible de produire mieux, de gagner davantage, et de travailler physiquement moins et plus intelligemment. Pour lui, la femme rurale de Mintyaeminyumin doit aujourd’hui se spécialiser, intégrer les réalités des changements climatiques et des carences en eau, tout en valorisant les opportunités offertes par la proximité des grandes métropoles, des infrastructures routières et sanitaires.
Appelant à une modernisation profonde des mentalités, le Pr Effa Bridon a plaidé pour une agriculture efficace et durable: « Travailler moins et récolter plus grâce à la petite mécanisation c’est possible ». Produire en fonction des saisons, améliorer le facteur travail, sortir de la rudimentarité des outils et optimiser l’effort humain sont, selon lui, les leviers d’une productivité renforcée. « On se fatigue moins, mais on travaille mieux », a-t-il insisté, rappelant que mieux travailler la terre, c’est préparer des récoltes plus abondantes. Sans détour, l’universitaire a également dénoncé l’absence de méthodes modernes de production et la faible culture de l’épargne. Il a invité les femmes à améliorer la qualité des semences, à respecter les itinéraires techniques et à intégrer l’engrais et l’eau dans leur système de production. Face aux défis du Dja et Lobo, encore en retard sur les rendements agricoles, il a lancé un message d’espoir et de confiance: « Il faut changer la donne, et c’est possible ». Plus encore, le Pr Effa Bridon a encouragé les femmes à se rassembler autour d’une vision commune, à fonctionner comme de véritables microfinances humaines; style 1960 en Inde et à passer de la simple production à la transformation locale, afin de capter davantage de valeur ajoutée et mettre fin à l’exploitation par les revendeurs. Une invitation à bâtir une autonomie économique collective, fondée sur la solidarité et la stratégie.
En conclusion, l’expert a salué avec émotion le leadership de la présidente de l’association, Laure Ze Akame, dont l’engagement, les sacrifices et la constance constituent un héritage précieux. Il a exhorté les femmes à reconnaître la richesse de leur parcours et de leur potentiel, rappelant que le Dja et Lobo a besoin de femmes debout, audacieuses et visionnaires pour faire décoller son secteur agricole. « Je suis prêt à revenir pour vous accompagner, à mettre en place des sites pilotes et à marcher avec vous sur ce chemin du changement », a-t-il déclaré, le sourire empreint de satisfaction, sous une salve d’applaudissements nourris.
À Mintyaeminyumin, les femmes ne célèbrent pas seulement un anniversaire. Elles cultivent l’espoir, sèment le savoir et récoltent déjà les promesses d’un lendemain meilleur.
Gervais Fredy Memana .

