
À l’occasion de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, qui se tient du 9 au 19 mars 2026 à New York, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, a présenté les progrès réalisés par le Cameroun dans la promotion des droits des femmes et des filles, trente ans après l’adoption de la Déclaration et Programme d’action de Beijing, tout en soulignant les défis qui subsistent.
Réunis au siège des Nations Unies à New York, les États membres, les agences onusiennes et les organisations de la société civile prennent part à la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, placée cette année sous le thème: « Garantir et renforcer l’accès pour toutes les femmes et les filles à la justice », notamment à travers la promotion de systèmes juridiques inclusifs, l’élimination des lois et pratiques discriminatoires et la levée des barrières structurelles. Lors du débat général consacré au suivi de la mise en œuvre de la Déclaration de Beijing, trente ans après son adoption, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a présenté les avancées enregistrées par le Cameroun en matière d’égalité de genre et d’autonomisation des femmes.
Des avancées institutionnelles et sociales notables.
Parmi les principales réalisations évoquées figurent l’évolution du cadre réglementaire, marquée par l’adoption de nouvelles lois et politiques publiques favorisant l’égalité de genre dans plusieurs secteurs, notamment la santé, la formation professionnelle ou encore la décentralisation. Le gouvernement a également introduit la budgétisation sensible au genre, un instrument destiné à renforcer la mise en œuvre de la politique nationale du genre. Par ailleurs, des actions ont été engagées pour promouvoir le leadership féminin et améliorer la participation des femmes à la vie politique ainsi que leur représentation dans les instances de décision. Dans le domaine environnemental, des mesures ont été prises pour atténuer les effets du changement climatique, préserver la biodiversité et lutter contre la dégradation des terres.
Autonomisation économique et protection sociale.
La ministre a également souligné la mise en œuvre de nombreux projets et programmes visant à réduire la pauvreté des femmes et à favoriser leur autonomisation économique. Ceux-ci s’appuient notamment sur un réseau de 128 Centres de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) et de 360 Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes (CMPJ), dédiés à la formation et à la promotion de l’auto-emploi. D’autres initiatives ont été mises en œuvre, notamment l’encadrement des travailleurs domestiques, le projet de filets sociaux destiné à soutenir financièrement les ménages vulnérables, ainsi que l’application de la stratégie nationale inclusive et de la politique nationale de protection sociale. Le Cameroun a également engagé l’opérationnalisation de la Couverture Santé Universelle, afin de garantir l’accès aux services de santé sans difficultés financières, en particulier pour les femmes et les enfants.Éducation des filles et lutte contre les violences. Dans le secteur de l’éducation, plusieurs mesures visent à soutenir la scolarisation des jeunes filles, à travers différentes formes d’accompagnement destinées à favoriser leur maintien et l’achèvement de leur parcours scolaire. Le gouvernement a aussi révisé la politique nationale d’alphabétisation et mis en œuvre diverses stratégies pour lutter contre les violences basées sur le genre, les mutilations génitales féminines et les mariages précoces.

La promotion de la paix et du vivre-ensemble demeure également une priorité constante des autorités camerounaises.
Paix, sécurité et participation des femmes. Face aux crises qui fragilisent la cohésion sociale, le Cameroun a adopté plusieurs mesures visant à renforcer la paix, la sécurité et le développement durable avec la participation active de la société civile. Parmi celles-ci figurent la mise en œuvre du Plan d’action national pour l’application de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, désormais dans sa deuxième génération, ainsi que l’élaboration d’une stratégie genre pour les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration.
Des défis persistants.Malgré ces avancées.
La ministre a reconnu que plusieurs obstacles continuent de freiner la pleine autonomisation des femmes et leur contribution au développement du pays. Pour accélérer les progrès, le Cameroun entend notamment adopter une loi spécifique sur les violences basées sur le genre, renforcer les mécanismes d’accompagnement des victimes, accroître la participation des femmes dans tous les secteurs et mettre en place des financements dédiés aux activités des femmes en zones urbaines et rurales. Le pays prévoit également d’intensifier les actions en faveur des femmes marginalisées, notamment celles vivant en milieu rural, en situation de handicap ou dans les zones en crise, tout en améliorant la production de données statistiques désagrégées pour mieux orienter les politiques publiques.
Maimouna Ntyam I.
