
Au sein du consistoire de Koum-Trinité, dans le département du Dja-et-Lobo, une scène indigne a récemment éclaboussé l’Église Presbytérienne Camerounaise. Un pasteur malmené, une soutane déchirée, des responsables religieux filmant la scène au lieu d’y mettre fin: l’image d’une Église secouée par des querelles internes et une crise morale profonde. Derrière cet épisode, c’est toute la crédibilité spirituelle de l’institution qui vacille.
Le scandale survenu au consistoire Koum-Trinité ne peut plus être réduit à un simple incident interne. Il révèle une réalité plus profonde: celle d’une Église progressivement fragilisée par des logiques de clans et des rivalités d’influence. Dans certaines paroisses réputées nanties, les luttes de positionnement semblent parfois prendre le pas sur la mission spirituelle. Les responsabilités ecclésiales deviennent des enjeux de pouvoir, et les affrontements internes finissent par éclater au grand jour. L’épisode de Koum-Trinité apparaît ainsi comme le symptôme d’un malaise plus large qui traverse l’Église Presbytérienne Camerounaise.

Mais ce qui choque davantage les fidèles, c’est l’image d’un corps pastoral incapable de préserver le respect mutuel qui devrait pourtant caractériser le ministère. Selon plusieurs témoignages présents sur les lieux, des pasteurs ont assisté à la scène sans intervenir pour restaurer la dignité du moment. L’ancien modérateur du consistoire, le pasteur Bengono, aurait été aperçu filmant la scène avec son téléphone. Le pasteur Metou aurait également capté les images devenant cameraman de circonstances et transformant, aux yeux de nombreux fidèles, un moment de honte en spectacle. Pendant ce temps, le pasteur Essomba Dominique se retrouvait au cœur d’une situation d’humiliation publique qui a profondément choqué la communauté.

Ces images et ces témoignages soulèvent une interrogation troublante: comment des serviteurs appelés à être des artisans de paix ont-ils pu devenir les spectateurs voire les témoins actifs d’un tel spectacle ?Plus inquiétant encore, certains fidèles dénoncent désormais un climat de division entretenu au sein même de certaines structures de l’Église. Les conflits locaux semblent parfois s’étendre, se multiplier et opposer les communautés entre elles. Une logique dangereuse se dessine: celle d’une fragmentation qui fragilise l’unité ecclésiale et nourrit la méfiance entre pasteurs, responsables et fidèles. Dans ce contexte, l’Église apparaît moins comme une famille spirituelle que comme un espace traversé par des rapports de force où chacun tente de préserver son influence et son gagne pain. Cette crise intervient au moment même où l’Église Presbytérienne Camerounaise s’apprête à célébrer la fête de la Réconciliation à Adna, à Yaoundé. Mais au regard des événements de Koum-Trinité, une question demeure dans l’esprit de nombreux croyants: où sont aujourd’hui les signes concrets de cette réconciliation proclamée ? Car lorsque les pasteurs cessent de se respecter entre eux, c’est toute l’autorité spirituelle de l’Église qui vacille. Et lorsque les logiques de clans prennent le pas sur l’Évangile, ce n’est plus seulement l’image de l’Église qui est en jeu, c’est sa crédibilité morale devant les fidèles et devant Dieu lui-même.
Grpe Médias IMPACT ÉCHOS.
« Gloire soit à Dieu… »
