Réunis à l’occasion du forum « Invest In Sanaga », acteurs locaux, autorités traditionnelles et participants ont échangé sur les leviers du développement dans la Sanaga-Maritime. Au cœur des discussions : le rôle des collectivités territoriales décentralisées et la question cruciale de l’accès à la terre.
Par GFM

Le forum « Invest In Sanaga » s’est imposé comme un cadre privilégié de réflexion sur les enjeux du développement local dans la Sanaga-Maritime. Entre gouvernance territoriale et sécurisation foncière, les échanges ont mis en lumière la nécessité d’une prise de conscience collective et d’un engagement accru des acteurs locaux. Parmi les intervenants, André Parfait Bell, fils de la Sanaga-Maritime, a salué une initiative qu’il considère comme déterminante pour l’avenir du territoire. Pour lui, tout développement commence par la réflexion. « On ne commence pas par le commencement, le commencement pour moi c’est de réfléchir », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de repenser les priorités locales.

Selon lui, ce forum a permis de remettre au centre du débat des questions longtemps restées en marge. Il a notamment souligné le rôle crucial des populations locales dans le processus de développement. « Cette rencontre donne l’occasion de réfléchir sur nos territoires. Ce sont les populations, notamment celles des villages et des contrées reculées, qui portent le développement en fonction de leurs besoins », a-t-il expliqué. Abordant la question de la place des collectivités territoriales décentralisées (CTD), André Parfait Bell a appelé à un sursaut collectif fondé sur la solidarité et la responsabilité. « Nous devons travailler en mettant la solidarité au cœur des familles et des communautés de la Sanaga-Maritime », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la nécessité d’un choix rigoureux des élus locaux. Selon lui, ces derniers doivent être capables de concrétiser les projets pour lesquels ils ont été mandatés, d’autant plus que les appuis extérieurs se font de plus en plus rares.
Dans le même élan, la question foncière s’est imposée comme un pilier incontournable du développement. Sa Majesté Mbeng Jacques Noé, chef du village Mandjap, a rappelé que l’accès à la terre conditionne toute initiative économique. « Sans une parcelle de terrain, on ne peut pas se développer. Tout passe par là », a-t-il martelé, soulignant que tout projet, qu’il relève du domaine public ou privé, repose sur une base foncière sécurisée.

Le chef traditionnel a également dénoncé certaines pratiques liées à la gestion de l’héritage. « Il n’est pas normal que des parents spolient l’héritage et laissent leurs progénitures dans l’incertitude », a-t-il déploré, appelant à une plus grande vigilance des autorités traditionnelles. Selon lui, les chefs ont une responsabilité majeure dans la préservation du patrimoine foncier et, par extension, dans le développement local. Il a ainsi encouragé les populations à recourir aux juridictions compétentes en cas de litige, tout en plaidant pour une meilleure prise en compte des jeunes et des femmes dans l’accès à la terre. Enfin, il a souligné l’importance du rôle des autorités traditionnelles dans la gouvernance foncière, estimant que les récentes orientations des pouvoirs publics traduisent une volonté de leur accorder une place centrale dans la gestion et la sécurisation des terres. À travers ces interventions, le forum « Invest In Sanaga » porte la responsabilité de l’avenir par le développement durable, fondé sur la responsabilité locale, la solidarité communautaire et une gestion rigoureuse des ressources foncières.
Le Gpe Media IMPACT ÉCHOS.
