Réunis dans la capitale politique camerounaise du 8 au 9 avril, sous la houlette du MINEPIA, Dr Taïga, les acteurs du projet PASCO renforcent leur engagement pour transformer durablement le secteur de l’élevage. Entre enjeux climatiques, sécurité alimentaire et intégration régionale, cette deuxième session du comité de pilotage marque un tournant stratégique pour des millions de pasteurs.
Par Gervais Fredy M.

Yaoundé confirme son statut de carrefour des grandes décisions régionales. La capitale camerounaise accueille, du 8 au 9 avril, la deuxième session du comité de pilotage du Projet régional d’appui au pastoralisme et à la commercialisation du bétail (PASCO), organisée sous la coordination du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), dirigé par le Dr Taïga. Cette initiative transfrontalière fédère le Cameroun, le Nigéria et le Tchad autour d’un objectif commun: renforcer la résilience des communautés pastorales et garantir la sécurité alimentaire dans le bassin du Lac Tchad.
Un engagement politique affirmé.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Chef de département a donné le ton en saluant la mobilisation des partenaires techniques et financiers, notamment IRAM et Action contre la Faim, ainsi que les délégations venues des pays voisins. Dans une allocution empreinte de volontarisme, il a insisté sur la portée stratégique du projet: « Le gouvernement du Cameroun est très attentif à toutes les initiatives visant à améliorer la sécurité alimentaire et à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles. » Au-delà des mots, un message clair: le pastoralisme est désormais au cœur des politiques de développement durable et de transformation des systèmes alimentaires.

Une réponse coordonnée à des défis transfrontaliers.
Face aux effets du changement climatique, à la pression démographique et aux mobilités pastorales croissantes, aucune réponse isolée ne suffit. Soutenu par l’Agence Française de Développement (AFD), le projet PASCO mise sur une coopération renforcée entre États. Le Dr Taïga a ainsi plaidé pour une synergie d’actions entre le Cameroun, le Nigéria et le Tchad, soulignant l’urgence d’un dialogue permanent et d’une responsabilité partagée.
L’élevage, pilier économique de la sous-région, illustre à lui seul l’ampleur des enjeux. Plus de 30 % de la population active y est engagée au Cameroun et au Nigéria. Près de 40 % au Tchad, jusqu’à 20 % du PIB agricole dans certains pays. Plus de 30 millions de personnes en dépendent.
Un cheptel estimé à 50 millions de têtes.
Au Tchad, comme l’a rappelé le Dr Mahamat Abderrahim Toko, le bétail représente 30 % des exportations, constituant la principale source de devises après le pétrole. PASCO, un projet structurant et inclusif.
Déployé sur quatre ans, le projet PASCO se veut un levier concret pour transformer le secteur. Mis en œuvre par IRAM avec l’appui de l’AFD, il mobilise un large éventail d’acteurs: organisations professionnelles, institutions régionales, commerçants, éleveurs et populations vulnérables, notamment les femmes et les jeunes. Son ambition: accompagner les stratégies d’adaptation face aux crises et moderniser les chaînes de valeur du bétail.

Pour Jocelin Gbaguidi, chef de projet PASCO: « L’intérêt de ce projet est d’accompagner les principaux acteurs du pastoralisme et de la commercialisation du bétail dans leurs stratégies d’adaptation et de résilience face aux chocs du bassin du Lac Tchad. »
Vers une intégration économique renforcée.
Au-delà du développement local, PASCO ouvre la voie à une intégration régionale plus fluide. La libre circulation du bétail, enjeu majeur pour les économies du Cameroun et du Tchad, apparaît comme un levier stratégique.

Le Dr Mahamat Abderrahim Toko y voit une opportunité majeure: « Cette rencontre est une aubaine pour le secteur de l’élevage et du commerce en zone CEMAC. Le projet PASCO facilite les échanges avec le Nigéria et renforce l’intégration régionale. »
En filigrane de cette rencontre tenue à Yaoundé sous l’impulsion du MINEPIA, une conviction partagée: l’élevage n’est pas seulement une activité économique, mais un pilier de stabilité sociale et de cohésion territoriale. Le projet PASCO s’impose ainsi comme un catalyseur d’espoir, traçant les contours d’un développement plus inclusif, plus résilient et résolument tourné vers l’avenir des communautés pastorales d’Afrique centrale.
