À l’occasion de son passage au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) ce 9 juin, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, Fuh Calistus Gentry, accompagné de ses collaborateurs, a livré un diagnostic sans complaisance du secteur minier. Entre sanctions, fraude et enjeux de transparence, il a réaffirmé la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources naturelles, au nom de l’intérêt général et du bien public.
Gervais Fredy M

Devant le public du Salon de l’Action Gouvernementale, le ministre a mis en lumière les dysfonctionnements persistants dans l’exploitation minière, notamment dans le secteur aurifère. Il a révélé que 39 opérateurs ont été retirés du circuit pour non-respect de leurs obligations environnementales, fiscales, techniques et technologiques. Au cœur de son intervention, la question de la fraude et de la sous-déclaration de la production d’or a été clairement pointée du doigt. Selon lui, certaines entreprises déclarent volontairement des quantités inférieures à leur production réelle afin de réduire les taxes dues à l’État, fragilisant ainsi les recettes publiques et l’équité fiscale. Le ministre a également insisté sur les mécanismes de collecte des taxes à la source, destinés à sécuriser les revenus de l’État.
Malgré ces dispositifs, il a reconnu l’existence de failles exploitées par certains opérateurs, aggravées par une concurrence régionale où certains pays voisins offrent des conditions fiscales plus attractives. Dans ce contexte, il a rappelé que le Cameroun a déjà réussi à collecter environ 1 500 kg d’or grâce aux dispositifs en place, tout en estimant que ce potentiel pourrait être largement amélioré si les règles étaient strictement respectées et mieux appliquées.

Au-delà des chiffres, cette sortie ministérielle s’inscrit dans un exercice de transparence publique essentiel. Le SAGO, en tant que plateforme d’échanges entre l’État et les citoyens, permet de rendre visibles les efforts de gouvernance, mais aussi de sensibiliser l’opinion publique sur les enjeux de gestion des ressources naturelles. Il s’agit d’un moment clé de redevabilité, où les autorités expliquent comment les richesses nationales sont protégées et valorisées.
En filigrane, le message du ministre est clair: la bonne gestion du secteur minier n’est pas seulement une question technique ou administrative, mais un impératif de justice économique et de souveraineté nationale. Une gestion rigoureuse des ressources signifie davantage de recettes pour l’État, plus de financements pour les politiques publiques et, in fine, un meilleur impact sur le développement du pays.
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