Au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) 2026, la question de la place des guides touristiques dans la stratégie nationale de développement du tourisme a été vivement soulevée par le Syndicat national des guides touristiques et animateurs de loisirs.
Par Gervais Fredy Memana

Prenant part à l’exposé du Ministère du Tourisme, le président de l’association, Adolphe Simo, n’a pas caché son indignation face à ce qu’il considère comme une marginalisation persistante des professionnels du guidage dans les grands rendez-vous du secteur. «…Malheureusement, nous nous rendons compte que les guides, qui devraient être ceux-là même qui impulsent le tourisme en accompagnant les acteurs et les visiteurs, ne sont pas représentés. Ils n’ont pas de stand afin d’accompagner cette action. Qui mieux que le guide pour expliquer le lieu où se tient cet événement ? Qui mieux que nous pour raconter l’histoire du Cameroun ? », a-t-il déclaré avec insistance, évoquant notamment la richesse patrimoniale du pays. Pour le responsable syndical, le guide touristique joue un rôle central dans la valorisation de la destination Cameroun. Il estime que ces professionnels sont les premiers ambassadeurs du patrimoine culturel et historique, capables de transformer chaque visite en expérience éducative et mémorable. « Nous sommes les mieux placés pour présenter le Cameroun. Le SAGO est l’endroit idéal pour nous permettre de nous mouvoir et de faire comprendre notre rôle », a-t-il ajouté, rappelant également la participation de son organisation à plusieurs événements internationaux, notamment au Congo, au Burkina Faso, au Bénin et en Afrique du Sud, où des délégations camerounaises ont porté haut les couleurs du pays.
Le syndicat insiste par ailleurs sur la nécessité d’intégrer pleinement les guides dans les politiques publiques du tourisme, notamment à travers une formation spécialisée et la reconnaissance de différents métiers du secteur, tels que les guides de sites et les chauffeur-guides. Selon Adolphe Simo, le ministère du Tourisme aurait déjà manifesté une ouverture en sollicitant la participation du syndicat comme partenaire lors de cette édition du SAGO. Une avancée qu’il accueille avec prudence mais optimisme: « Nous pensons qu’ils ont pris conscience de la place du guide. Le ministère a une bonne volonté, mais il faut examiner la vision politique globale » Le président du syndicat déplore toutefois les limites budgétaires et le manque de mécanismes d’accompagnement. Il évoque un budget de promotion touristique jugé insuffisant et l’absence de subventions directes pour les guides, alors même que les besoins en formation et en renforcement de capacités restent importants.

« Beaucoup de bavardages sans action concrète », regrette-t-il, appelant à des mesures fortes, notamment la création d’un fonds d’appui, la labellisation du métier de guide et la mise en place d’une carte biométrique “Guide qualité tourisme”. Pour les professionnels du secteur, ces réformes sont essentielles afin de renforcer l’attractivité du Cameroun et de mieux structurer une filière touristique au potentiel jugé immense mais encore sous-exploité.
Enfin, le syndicat plaide pour la promotion du tourisme domestique, estimant que les Camerounais doivent devenir les premiers ambassadeurs de leur propre patrimoine. La conférence, animée par le secrétaire général du syndicat et ses collaborateurs, a ainsi mis en lumière un débat central: celui de la reconnaissance et de la structuration d’un métier clé pour l’avenir du tourisme camerounais.
La Rédaction: (+237) 676 26 12 02
