À l’occasion de la Journée de l’enfant africain 2026, la Commission camerounaise des droits de l’homme appelle à renforcer l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous les enfants, tout en dénonçant la persistance des inégalités et la recrudescence des violences graves, notamment les infanticides et les abus intra-familiaux.
Par Gervais Fredy M.

Dans sa déclaration du 16 juin 2026, la Commission rappelle que la Journée de l’enfant africain, instituée en 1991 par l’OUA, doit servir à mobiliser les États et partenaires autour de solutions durables face aux crises sécuritaires, sanitaires, climatiques et sociales affectant les enfants en Afrique. Elle souligne que le thème de cette année, consacré à l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, est étroitement lié à la réalisation des droits de l’enfant, tels que reconnus par la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. La Commission rappelle également que le droit à un environnement sain, inscrit dans la Constitution camerounaise, inclut l’accès à des services d’assainissement adéquats.
L’institution salue les efforts du gouvernement et de ses partenaires pour atteindre l’objectif d’un accès universel à l’eau et à l’assainissement d’ici 2030, notamment à travers les réformes en cours dans le secteur de l’eau et les initiatives soutenues par les partenaires techniques et financiers. Elle note toutefois que des disparités importantes persistent : environ 70 % de la population a accès à l’eau potable, avec un écart marqué entre zones urbaines et rurales, tandis que seulement 43 % disposent de services d’assainissement de base.

Sur le plan des droits de l’enfant, la Commission exprime une vive préoccupation face à la recrudescence des violences extrêmes, notamment les infanticides, les filicides et les mutilations génitales féminines. Elle appelle à une tolérance zéro et à un renforcement des sanctions contre les auteurs de ces actes. La Commission salue par ailleurs les initiatives récentes du gouvernement visant à renforcer la protection des enfants et des femmes, notamment la coordination interinstitutionnelle, la mise en place de lignes d’assistance et le renforcement des mécanismes judiciaires de prise en charge des victimes.
Elle recommande enfin un renforcement de l’application des lois de protection de l’enfance ainsi que l’amélioration des infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement adaptées aux enfants, y compris ceux vivant avec un handicap.
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