La rencontre entre le ministre camerounais des Mines par intérim, Pr Fuh Calistus Gentry, et une délégation de l’ambassade des États-Unis, accompagnée de responsables de Baker Hughes, marque une étape importante dans le renforcement de la coopération économique entre les deux pays. Au-delà des préparatifs liés à l’installation de Baker Hughes au Cameroun, les échanges ont mis en avant des enjeux majeurs: le développement des minéraux critiques indispensables à la transition énergétique et la réhabilitation environnementale des sites pétroliers en fin d’exploitation.
Par Gervais Fredy M.

Le Cameroun confirme progressivement son ambition de devenir un acteur incontournable des industries extractives et de la transition énergétique en Afrique centrale. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’audience accordée, le 17 juin 2026, par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Pr Fuh Calistus Gentry, à une délégation américaine composée de responsables de l’ambassade des États-Unis et de l’entreprise Baker Hughes. Si les discussions ont porté sur l’inauguration prochaine de la filiale Baker Hughes Cameroun à Douala, appelée à superviser les activités du groupe en Afrique centrale et en République démocratique du Congo, elles ont surtout permis d’aborder des questions stratégiques pour l’avenir économique et environnemental du pays.
Au cœur des échanges figurait le développement des minéraux critiques, ressources devenues essentielles à la transition énergétique mondiale. Utilisés dans la fabrication des batteries, des véhicules électriques, des panneaux solaires et d’autres technologies vertes, ces minerais représentent une opportunité majeure pour le Cameroun. Le gouvernement entend ainsi favoriser des partenariats entre entreprises américaines et sociétés minières camerounaises afin d’accélérer la valorisation de ce potentiel, tout en renforçant les retombées économiques locales. L’intérêt de cette coopération est double. D’une part, elle pourrait attirer davantage d’investissements étrangers et de technologies de pointe dans le secteur minier. D’autre part, elle contribuerait à positionner le Cameroun comme un fournisseur stratégique de matières premières indispensables à la transition énergétique mondiale, dans un contexte de demande internationale en forte croissance.

La question environnementale a également occupé une place importante dans les discussions. Les échanges ont notamment porté sur le rapatriement des fonds destinés à la réhabilitation et à la restauration des sites pétroliers arrivés en fin d’exploitation dans l’espace CEMAC. Cette démarche vise à garantir que les ressources financières prévues pour la remise en état des zones affectées soient effectivement mobilisées au bénéfice des pays concernés. L’enjeu est majeur. La réhabilitation des anciens sites pétroliers permet non seulement de réduire les impacts environnementaux liés aux activités extractives, mais aussi de restaurer les écosystèmes, de préserver les ressources naturelles et d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines. Les avancées enregistrées dans les discussions témoignent ainsi d’une volonté commune d’allier développement économique et responsabilité environnementale.
Au-delà des aspects techniques, cette rencontre traduit la volonté du Cameroun et des États-Unis de consolider leur partenariat dans des secteurs à forte valeur stratégique. Entre attractivité des investissements, exploitation responsable des ressources naturelles et accompagnement de la transition énergétique, les deux parties entendent bâtir une coopération porteuse d’opportunités pour les années à venir.
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