La cérémonie de signature des accords de rétrocession s’est tenue ce 3 septembre 2026 à l’Hôtel de Ville, en présence du Maire de la Ville. Cette étape marque le transfert de certaines activités et ressources du projet REDECA aux Communautés urbaines de Bafoussam, Bertoua et Garoua. Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la mise en œuvre du projet de renforcement de la décentralisation au Cameroun, dénommé REDECA. Le 3 septembre 2026, l’Hôtel de Ville a servi de cadre à la cérémonie de signature des accords de rétrocession de certaines activités du projet au profit des Communautés urbaines de Bafoussam, Bertoua et Garoua.
RIF

La cérémonie s’est déroulée en présence du Maire de la Ville, aux côtés des responsables impliqués dans la mise en œuvre du projet et des différentes parties prenantes. Elle intervient quelques semaines après le lancement officiel du projet, le 6 août 2026 à Bafoussam, et traduit une nouvelle étape dans le processus de transfert progressif des responsabilités et des ressources aux collectivités territoriales décentralisées.
Un projet de près de 3 milliards FCFA.
Fruit de la coopération entre le Cameroun et la France dans le domaine de la décentralisation, le projet REDECA est doté d’une enveloppe globale de 4,5 millions d’euros, soit 2 951 806 500 FCFA. La convention de financement a été signée le 28 août 2025. Le projet ambitionne notamment de renforcer le fonctionnement interne et externe des Communautés urbaines ciblées et de leur permettre de participer plus directement à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des actions de développement local.La philosophie de cette nouvelle approche est claire: les collectivités ne doivent plus être considérées comme de simples bénéficiaires d’actions conçues au niveau central. Une partie des activités et des ressources leur est directement rétrocédée afin de rapprocher la décision de l’action et de renforcer leur capacité à agir sur le terrain.
Trois axes d’intervention.
Les activités rétrocédées sont articulées autour de trois axes. Le premier porte sur le renforcement interne, avec notamment l’organisation d’ateliers locaux de capitalisation des outils élaborés avec le MINFOPRA et le MINDDEVEL au profit des maires d’arrondissement. Le deuxième concerne la participation citoyenne, à travers la mise à disposition d’un fonds d’appel à projets destiné à expérimenter des mécanismes de participation et de contrôle citoyen, depuis l’identification des projets avec les populations jusqu’à leur réception.Le troisième axe est consacré à l’appui au pilotage, avec une allocation destinée au suivi de la mise en œuvre des activités rétrocédées. Au total, l’enveloppe consacrée à ces activités s’élève à 826 975 896 FCFA, soit 275 658 632 FCFA pour chacune des trois Communautés urbaines.
Des fonds soumis à une gestion rigoureuse.
Cette rétrocession s’accompagne de responsabilités précises pour les collectivités bénéficiaires. Les ressources devront être utilisées exclusivement pour les activités prévues dans les accords. Les Communautés urbaines devront également respecter les règles de passation des marchés, assurer une gestion rigoureuse et transparente, mettre en place un dispositif de contrôle interne et produire les rapports techniques et financiers requis. Elles devront par ailleurs faciliter les contrôles et audits, respecter les exigences environnementales et sociales, prévenir et signaler les cas de fraude et de corruption et garantir la traçabilité de l’utilisation des fonds.Le mécanisme de décaissement repose sur un Plan de Travail Annuel élaboré par l’Unité de Gestion du projet. Ce document précisera les activités à mettre en œuvre avant la transmission à la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), chargée du décaissement des ressources qui seront ensuite reversées dans le compte-projet de chaque Communauté urbaine.
L’AFD veille au respect des règles.
Partenaire stratégique du projet REDECA, l’Agence Française de Développement (AFD) encadre strictement l’utilisation des ressources. Les fonds doivent être consacrés exclusivement aux activités rétrocédées et éligibles.L’avis de non-objection formulé par l’AFD le 18 août 2026 constitue à ce titre une étape importante dans le processus de mise en œuvre. Le non-respect des règles expose les dépenses concernées à une déclaration d’inéligibilité et donc à un risque de non-paiement. Une exigence qui place les Communautés urbaines devant une obligation de rigueur dans la gestion des ressources qui leur sont confiées.
Deux dates à retenir.
Le dispositif est également encadré par des échéances précises. Le 31 décembre 2028 constitue la date limite pour les transferts de ressources. Après cette date, aucun nouveau transfert ne sera effectué. La période d’utilisation des fonds s’achèvera ensuite le 31 mai 2029. À cette échéance, les éventuels reliquats devront être reversés à la Banque centrale. Ces délais imposent donc aux collectivités une programmation efficace des activités et une exécution conforme aux procédures arrêtées.

Une responsabilité pour les trois villes. À travers cette cérémonie organisée ce 3 septembre 2026 à l’Hôtel de Ville, le projet REDECA franchit ainsi un cap concret : une partie des responsabilités et des ressources quitte le niveau central pour être directement mise en œuvre par les collectivités bénéficiaires.Pour le MINDDEVEL, cette démarche doit contribuer à renforcer l’autonomie d’action des collectivités, la participation citoyenne et la redevabilité dans la gestion locale. La balle est désormais dans le camp des Communautés urbaines de Bafoussam, Bertoua et Garoua, appelées à transformer les ressources mises à leur disposition en résultats concrets et durables au bénéfice des populations.Plus qu’un simple acte financier, la rétrocession constitue donc un test grandeur nature de la capacité des collectivités à assumer davantage de responsabilités dans le processus de décentralisation au Cameroun.
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