Réunis le 2 septembre 2026 à Kousséri, policiers, gendarmes et officiers de police judiciaire ont pris part à un atelier de renforcement des capacités organisé par la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun. Une initiative destinée à renforcer la sensibilisation des acteurs de la chaîne sécuritaire sur l’interdiction de la torture et à promouvoir une meilleure protection des droits des personnes privées de liberté.
Par Ghislain ler Akamba

La prévention de la torture passe aussi par une meilleure connaissance des droits et des obligations qui encadrent l’action des forces de sécurité. C’est dans cette perspective que la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a organisé, le mercredi 2 septembre 2026 à l’Hôtel Zénith de Kousséri, un atelier consacré à la prévention de la torture, des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Destinée aux officiers de police judiciaire, policiers et gendarmes, cette rencontre avait pour principal objectif de sensibiliser les personnels chargés de l’application de la loi au respect des droits fondamentaux, notamment ceux des personnes gardées à vue et des détenus.
Au cours des travaux, les participants ont été édifiés sur le cadre juridique qui régit les enquêtes, les interrogatoires et la privation de liberté. L’accent a notamment été mis sur les limites à respecter dans l’exercice des pouvoirs de police judiciaire, afin d’éviter tout recours à la torture ou à des traitements attentatoires à la dignité humaine. La question de la responsabilité des agents publics a également occupé une place importante dans les échanges. Les participants ont été sensibilisés aux conséquences pénales et disciplinaires auxquelles peuvent s’exposer les fonctionnaires impliqués dans des actes de torture ou de mauvais traitements. Cette approche vise à faire comprendre que la protection des droits humains constitue une obligation professionnelle et juridique.

L’atelier a par ailleurs insisté sur les conditions de détention. La salubrité des cellules, l’accès aux soins, à l’alimentation et aux visites figurent parmi les éléments essentiels à prendre en compte pour garantir un traitement digne aux personnes privées de liberté. Au-delà de la sensibilisation, la CDHC entend ainsi outiller les forces de sécurité pour une meilleure prise en charge des situations complexes sur le terrain. Les études de cas et les échanges interactifs ont permis aux participants de confronter les principes juridiques aux réalités rencontrées dans l’exercice quotidien de leurs fonctions.
À travers cette initiative, l’enjeu est également de renforcer la collaboration entre la CDHC, la police et la gendarmerie, afin de favoriser un suivi plus efficace des situations de garde à vue et de contribuer à la réduction des cas de torture et de mauvais traitements.L’importance de cet atelier réside donc dans sa double portée : préventive et professionnelle. En renforçant les connaissances des forces de sécurité sur les droits humains et leurs responsabilités, la CDHC entend contribuer à une pratique de l’action sécuritaire davantage fondée sur la légalité, la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux.
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