Entre janvier 2019 et juin 2026, les aérodromes camerounais ont enregistré 656 événements liés au péril animalier, dont 18 ayant eu un impact grave sur les opérations aériennes. Face à ce risque, le gouvernement veut renforcer la surveillance de la faune et agir au-delà des clôtures aéroportuaires.
Par Gervais Fredy M

Le Comité National de Prévention du risque Aviaire et Animalier s’est réuni le 10 septembre 2026 à Yaoundé-Nsimalen, sous la présidence du ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibèhé. La rencontre a réuni les principaux acteurs concernés par la sécurité aérienne et la gestion du risque faunique. Les chiffres présentés traduisent l’ampleur du phénomène. Sur les 656 événements recensés en sept ans, plus de la moitié l’ont été à l’aéroport international de Douala et 45 % à Yaoundé-Nsimalen. Dix-huit incidents ont eu des conséquences graves, notamment des dommages aux aéronefs et des perturbations des vols. Autre donnée préoccupante: 95 % des collisions surviennent lors du décollage ou de l’approche, y compris dans des zones situées au-delà de l’emprise immédiate des aéroports. La prévention doit donc désormais dépasser les limites physiques des plateformes.
La CCAA a engagé des études fauniques sur les aéroports internationaux de Douala, Yaoundé-Nsimalen et Garoua. Elles permettent d’identifier les espèces à risque, leurs comportements et les zones de fréquentation. Parmi les espèces recensées figurent notamment le Milan noir, le Héron garde-bœufs, l’Aigle huppard et le Palmiste africain. Ces données doivent permettre d’affiner la cartographie des zones sensibles et d’adapter les mesures de prévention à chaque plateforme.

Pour le ministre des Transports, la maîtrise du péril animalier exige une synergie entre administrations, autorités administratives, collectivités territoriales et acteurs sectoriels. L’objectif est de réduire les facteurs susceptibles d’attirer la faune autour des plateformes et dans leurs zones périphériques. Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées pour renforcer cette approche préventive. L’enjeu est double: protéger les passagers, les équipages et les aéronefs, tout en garantissant la continuité et la régularité des opérations aériennes. Avec ces nouvelles mesures, le Cameroun entend passer d’une logique de réaction aux incidents à une prévention davantage fondée sur l’anticipation et la connaissance du risque.
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