Bliss Manon
Pendant longtemps, BLISS MANON a chanté sans véritablement se considérer comme une artiste professionnelle. Entre les études, la vie familiale, la chorale et les prestations ponctuelles, la musique est restée un fil conducteur. Aujourd’hui, la chanteuse camerounaise veut donner une direction plus affirmée à cette passion née dans l’enfance.
Chez BLISS MANON, la carrière musicale ne commence pas avec un premier single ou un contrat discographique. Elle commence beaucoup plus tôt, lorsque, adolescente, elle découvre progressivement les possibilités de sa voix. À 13 ans, son intégration à l’orchestre du Collège François Xavier Vogt lui offre un premier cadre pour apprendre à la travailler.
L’apprentissage est aussi intérieur. Confrontée à sa voix naturelle, la jeune chanteuse doute d’abord de ses capacités avant de progressivement les assumer. Une interprétation de « Mon Soleil » de Princess Lover au sein de son établissement constitue l’une de ses premières expériences significatives avec un public.
Quelques mois plus tard, elle interprète « I Will Always Love You » de Whitney Houston au mariage de sa sœur. La prestation attire l’attention de Foly Dirane, qui envisage alors de l’accompagner artistiquement. Ses parents privilégient toutefois la poursuite de ses études. La musique est mise à distance, mais pas abandonnée.
Une artiste en construction
La suite de son parcours se construit loin du schéma classique d’une carrière musicale. BLISS MANON poursuit ses études supérieures et développe parallèlement une expérience du chant dans l’univers chrétien. La chorale devient notamment un autre espace d’apprentissage et contribue à transformer son rapport à la musique.
Ses références évoluent. À Whitney Houston, Beyoncé et Jennifer Hudson s’ajoutent des figures du gospel contemporain comme Tasha Cobbs. Cette évolution accompagne une conception différente du chant : la voix ne doit plus seulement servir à interpréter une chanson, mais également à transmettre un message.
En France, où elle poursuit une partie de son parcours académique, elle retrouve également la scène. À Rouen, elle remporte le concours « ESIGELEC a un incroyable talent ». À Clermont-Ferrand, d’autres expériences culturelles prolongent cette pratique.
Pour autant, la musique reste pendant plusieurs années une activité parmi d’autres. Restaurants, cabarets, événements familiaux et manifestations culturelles lui permettent de continuer à chanter sans que cette pratique ne devienne immédiatement une carrière structurée.
Donner un sens à la voix
Le changement intervient lorsque BLISS MANON commence à relier son expérience personnelle à son projet artistique. Son regard sur les réalités vécues par de nombreuses femmes, notamment africaines, l’amène à envisager la musique comme un espace de parole.
Elle veut désormais mettre sa voix au service de thèmes tels que la dignité, la confiance en soi, le courage et l’émancipation. Ce positionnement donne une nouvelle cohérence à un parcours longtemps partagé entre plusieurs univers.
BLISS MANON aborde ainsi une nouvelle phase de sa trajectoire. Après avoir appris à reconnaître sa propre voix, elle cherche désormais à lui donner une fonction. Son ambition n’est plus seulement de chanter, mais de construire autour de cette voix une identité artistique et un message.
