Une mission scientifique menée du 6 au 11 septembre 2026 à Akonolinga, dans la région du Centre, a exploré le rôle potentiel des chauves-souris dans l’écologie de Mycobacterium ulcerans, la bactérie responsable de l’ulcère de Buruli. Portée par une équipe mixte du CREMER/IMPM et du Centre Pasteur du Cameroun, en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cette initiative vise à mieux comprendre les mécanismes de transmission de la maladie et à contribuer au renforcement des stratégies de prévention.
Gervais Fredy M

Comprendre pour mieux prévenir. C’est l’ambition de l’investigation scientifique conduite à Akonolinga autour des chauves-souris, considérées comme des réservoirs potentiels de Mycobacterium ulcerans. Au-delà de la recherche sur une espèce animale, cette mission entend apporter des éclairages sur l’écologie de l’agent pathogène responsable de l’ulcère de Buruli et examiner l’hypothèse d’une transmission non aquatique de cette maladie infectieuse. Mobilisant des chercheurs du Centre de recherche sur les maladies émergentes et réémergentes (CREMER/IMPM), laboratoire partenaire de l’IRD, et du Centre Pasteur du Cameroun (CPC), les travaux s’inscrivent dans une démarche visant à approfondir les connaissances sur les facteurs environnementaux susceptibles d’intervenir dans la circulation du bacille.
L’objectif est de mieux cerner les interactions entre les animaux, leur environnement et la santé humaine, afin de contribuer à une compréhension plus complète des mécanismes de transmission de l’infection. L’impact attendu réside dans les perspectives qu’ouvrira cette recherche pour la santé publique. En identifiant de nouveaux éléments sur l’écologie de Mycobacterium ulcerans, les scientifiques pourraient contribuer à améliorer la surveillance de la maladie, à affiner l’évaluation des risques et à orienter les futures actions de prévention. Ces connaissances pourraient également aider à mieux informer les populations exposées et à adapter, à terme, les stratégies de lutte contre l’ulcère de Buruli. Il convient toutefois de préciser que le rôle des chauves-souris dans la transmission de cette maladie reste une hypothèse scientifique à vérifier. Cette initiative illustre ainsi l’importance de l’approche One Health (« Une seule santé »), fondée sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale.
En favorisant la collaboration entre institutions de recherche et disciplines scientifiques, elle contribue à renforcer les capacités de compréhension et d’anticipation des risques sanitaires au Cameroun. Au-delà des résultats attendus à Akonolinga, l’enjeu est de produire des connaissances scientifiques susceptibles de soutenir des décisions de santé publique plus efficaces. Car mieux comprendre les voies de circulation des agents pathogènes constitue une étape essentielle pour prévenir les infections, réduire leurs conséquences et protéger durablement les populations.
