Une étude menée dans la région de l’Extrême-Nord par Action contre la Faim Cameroun et le ministère de la Santé publique met en évidence le potentiel des mécanismes communautaires de solidarité pour faciliter l’accès des populations aux soins. Avec 68,4 % des membres ayant déjà mobilisé ces dispositifs pour financer des prestations sanitaires, ces initiatives apparaissent comme des solutions complémentaires à consolider dans la perspective de la Couverture Santé Universelle.
Par Céline Claire NA

Associations d’entraide, caisses de solidarité, groupes d’épargne communautaire, mutuelles de santé et tontines dédiées aux dépenses sanitaires constituent des réponses locales aux difficultés financières qui limitent l’accès aux soins. Dans la région de l’Extrême-Nord, ces mécanismes jouent un rôle croissant dans la prise en charge des besoins de santé des populations, particulièrement celles confrontées à la précarité. Pour mieux apprécier leur fonctionnement, leur efficacité et leur potentiel, Action contre la Faim Cameroun et le ministère de la Santé publique ont organisé, le 27 août 2026 à Yaoundé, une rencontre de restitution des résultats d’une étude consacrée à ces solutions communautaires de financement de la santé.
Après une première restitution régionale tenue à Maroua le 25 août, cette rencontre, organisée avec la participation des partenaires et des bailleurs à Care International Cameroun, a permis de partager les principaux enseignements de cette recherche et d’engager la réflexion sur les perspectives de consolidation de ces initiatives. Les résultats révèlent un intérêt réel des populations pour ces dispositifs. En effet, 68,4 % des membres interrogés déclarent avoir déjà eu recours à ces mécanismes pour financer des soins, tandis que 60,6 % des bénéficiaires se disent satisfaits des services reçus. Plus significatif encore, 77,6 % recommanderaient leur utilisation à d’autres personnes.
Ces données témoignent de la confiance accordée à la solidarité communautaire et de sa capacité à apporter des réponses concrètes aux difficultés d’accès aux services de santé. Au-delà de ces performances, l’enjeu est désormais de renforcer la structuration, la viabilité et l’efficacité de ces initiatives afin qu’elles puissent bénéficier à un plus grand nombre de personnes. Leur meilleure prise en compte dans les politiques nationales de santé communautaire pourrait contribuer à réduire les barrières financières, à améliorer la prise en charge des ménages vulnérables et à rapprocher davantage les services de santé des populations. Cette démarche ouvre ainsi une perspective importante pour le système de santé camerounais: faire de la solidarité communautaire un levier complémentaire de financement et de protection sanitaire. Une dynamique qui pourrait contribuer à accélérer la progression vers la Couverture Santé Universelle, en valorisant les capacités d’organisation et d’entraide des communautés elles-mêmes.
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