Absentéisme chronique, tricherie et manquements aux obligations académiques : à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), aucun écart ne semble désormais toléré. À travers une série de sanctions disciplinaires, pouvant aller jusqu’à des propositions d’exclusion définitive, le Directeur général réaffirme son attachement à la rigueur, au mérite et à la probité au sein de cette prestigieuse institution de formation des cadres de l’État.
Par Céline Claire NA

À l’ENAM, nul n’est au-dessus des règles. Le Directeur général vient de le rappeler avec fermeté à travers la décision n°00229/ENAM/DG/DAA, signée le 3 novembre 2026, à la suite du Conseil de discipline tenu la veille. Plusieurs élèves des promotions « Paix et Stabilité » (2024-2026) et « Grandeur et Espérance » (2025-2027) ont été sanctionnés pour absentéisme répété et tricherie. Une mesure qui traduit la volonté de la direction générale de faire prévaloir les mêmes exigences de discipline et de responsabilité pour tous.
Les chiffres des absences injustifiées révèlent l’ampleur des manquements, avec des cas atteignant 100, 106, 144, 150 et jusqu’à 200 heures d’absence. Face à ces comportements, les sanctions vont de l’avertissement au blâme, en passant par des exclusions temporaires de trois à cinq jours, assorties de travaux d’intérêt commun. Les notes de discipline ont également été ramenées à 5/20 ou 6/20 dans certains cas. Pour les situations les plus graves, le Directeur général a franchi un autre cap en proposant au ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative des exclusions définitives, conformément aux compétences de cette autorité.
La lutte contre l’indiscipline s’étend également à l’intégrité académique. Deux élèves de la Division de la Magistrature et des Greffes, MFOUAPON NJOYA ASSAN et FOUKA MARIE FLORE E., ont ainsi été sanctionnés pour tricherie à l’épreuve de Criminal Procedure. Chacun écope d’un blâme, de cinq jours d’exclusion assortis de travaux d’intérêt général, ainsi que de la note de 00/20 à l’épreuve et en discipline. Une réponse ferme qui rappelle que l’excellence académique ne saurait se construire sans honnêteté intellectuelle.
Au-delà des sanctions individuelles, cette décision porte un message institutionnel fort: à l’ENAM, la formation des futurs administrateurs et magistrats de la République doit reposer autant sur la compétence que sur l’éthique, la discipline et le sens du devoir. En faisant appliquer les règles sans distinction, le Directeur général entend préserver la crédibilité de l’institution et promouvoir une culture de responsabilité. Le message est donc sans équivoque: à l’ENAM, ni le nom, ni le statut, ni le rang social ne confèrent de privilège face à la discipline. L’excellence ne se décrète pas, elle se construit dans le respect des règles.
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