Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, a été sacré Meilleur ministre des Finances d’Afrique centrale à l’issue du sommet des chefs d’État de la CEMAC, tenu récemment dans la capitale Bangui en RCA. Une distinction qui vient saluer une trajectoire marquée par la rigueur, la transparence et la volonté affirmée d’ancrer le Cameroun dans une dynamique d’intégration économique régionale.
Ce prix régional n’est pas anodin. Il récompense des réformes clés menées sous l’impulsion du président Paul Biya, notamment la suppression des controversées lignes budgétaires 65 et 94, longtemps critiquées pour leur opacité. Sous la houlette de Louis Paul Motaze, ces réajustements ont permis d’améliorer la lisibilité des finances publiques et de restaurer la confiance auprès des bailleurs de fonds, dont le FMI et la Banque mondiale, qui saluent également la progression dans la mobilisation des recettes non pétrolières.
Malgré un contexte économique globalement tendu, le Cameroun affiche une croissance modérée de 3,9 % en 2024 et une inflation contenue à 4,5 %. Ces performances, bien que fragiles, témoignent de la résilience de l’économie nationale, portée par une gestion budgétaire prudente et des investissements ciblés dans les infrastructures.
Motaze s’impose ainsi comme un artisan discret mais stratégique de la stabilité macroéconomique du pays. Sur la scène régionale, il défend avec constance une meilleure harmonisation des politiques fiscales au sein de la CEMAC, œuvrant pour une convergence durable entre les États membres.
Toutefois, cette reconnaissance n’élude pas les défis internes persistants. Le pays reste confronté à des inégalités socio-économiques marquées, un niveau d’endettement de 46,8 % du PIB et une jeunesse en quête d’opportunités. Des réalités qui imposent de faire des acquis actuels un levier vers une croissance plus inclusive.
La distinction décernée à Louis Paul Motaze n’est donc pas seulement un hommage personnel, mais un signal fort adressé à l’ensemble de la sous-région : la rigueur, la transparence et la vision stratégique peuvent porter leurs fruits, même dans un environnement contraint. Reste à transformer cette reconnaissance en moteur de transformation durable pour le Cameroun et ses partenaires.
Gervais Fredy MEMANA
