Chronique ! Après les casses, vient toujours la galère.
Le pays se réveille, encore groggy, d’une crise post-électorale qui aura laissé plus de cendres que de certitudes. Avant, pendant et après la proclamation des résultats du 27 octobre dernier, la colère a grondé, puis explosé. Les marcheurs dits pacifiques ont, dans plusieurs villes, confondu revendication et destruction.
À Dschang, Garoua, Tchéboa, Douala… le même scénario : flammes, pierres et chaos. Des écoles sont parties en fumée, des boutiques éventrées, des magasins réduits à néant. Les symboles de l’État mairies, tribunaux, sous-préfectures – n’ont pas été épargnés. Et pendant que les uns filmaient pour les réseaux sociaux, d’autres creusaient déjà le trou de leur propre avenir.
Car ce qu’ils refusent de voir, c’est que derrière chaque mur brûlé, il y avait un service, un repère, une promesse. Un extrait de casier judiciaire, un acte de naissance, de mariage ou de décès… ces documents, si banals en apparence, étaient la clé de leur avenir. Ces papiers qu’on obtenait désormais sans parcourir cent kilomètres sont aujourd’hui partis en fumée. Retour à la base zéro. Et maintenant ? Que feront leurs enfants, privés d’école, de papiers, d’espoir immédiat ? Qui reconstruira les ponts qu’ils ont eux-mêmes brûlés ?
Pendant que la machine administrative et judiciaire enclenche sa procédure de répression contre ces jeunes manipulés, contre les adeptes du “must go” devenus prisonniers de leurs propres illusions, la douleur et les larmes des mères jaillissent. Elles pleurent, oubliant les mises en garde qu’elles avaient pourtant entendues, celles qui disaient: « ne suivez pas les fauteurs de trouble ». Trop tard.
Mais malgré les ruines, malgré les pleurs, l’État est debout. Il poursuit sa marche, parfois vacillante, mais constante. Et demain, lorsque les braises auront refroidi, certains diront qu’ils ont été abandonnés. Pourtant, leurs actes parlent plus fort : ils se sont abandonnés eux-mêmes. Au-delà des sanctions judiciaires qui tomberont, commence déjà le vrai calvaire : celui du quotidien détruit, de la vie à rebâtir, pierre après pierre, confiance après confiance.
Halte à la destruction! Car chaque incendie allumé contre la République est une flamme qu’on souffle sur son propre avenir.
Céline Claire NA.
