Après trois jours d’échanges intenses consacrés à l’avenir de l’eau et de l’assainissement en Afrique, le 96ᵉ Conseil stratégique et technologique de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) a clôturé ses travaux à Yaoundé. Experts, chercheurs et acteurs du secteur y ont esquissé les priorités stratégiques pour transformer durablement les services essentiels sur le continent.
Le 19 novembre, les rideaux sont tombés sur la 96ᵉ session du Conseil stratégique et technologique (CST) de l’AAEA, organisée dans la capitale camerounaise. Présidée par le directeur général de la Camwater, Dr Blaise Moussa, également président en exercice de l’Association, la rencontre a rassemblé une centaine de participants venus d’Afrique, d’Europe et d’Asie. La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba.
Durant trois jours, les débats ont porté sur l’enjeu central de la gestion durable des ressources en eau, dans un contexte de pressions croissantes liées au changement climatique et à l’urbanisation. Les spécialistes ont insisté sur la nécessité de développer des mécanismes financiers innovants et des solutions techniques adaptées aux réalités locales. La structuration complète de la chaîne de l’assainissement vidange, transport, traitement et valorisation a été identifiée comme une priorité incontournable, tout comme le renforcement des compétences des opérateurs.
Les discussions ont également mis en lumière des urgences de gouvernance, notamment l’opérationnalisation de l’Académie Africaine de l’Eau et de l’Assainissement et l’harmonisation des politiques nationales avec les standards internationaux. Sur le plan technologique, les participants ont encouragé la promotion de solutions locales, telles que les stations compactes ou les systèmes décentralisés, et la création d’une plateforme africaine dédiée au partage des innovations.
La question du financement a suscité un intérêt particulier, avec des recommandations fortes pour favoriser les financements hybrides, attirer le secteur privé et soutenir les PME. Les experts ont plaidé pour des cadres réglementaires modernisés, capables de professionnaliser durablement les services de vidange et de sécuriser l’écosystème des opérateurs.
En clôturant la rencontre, le Dr Blaise Moussa a salué la qualité des contributions et souligné la nouvelle dynamique qu’elles insufflent au secteur. Il a appelé les acteurs à transformer ces orientations en actions concrètes. À l’horizon, plusieurs perspectives se dessinent: une meilleure intégration des innovations africaines, une montée en compétences structurée, et des partenariats renforcés pour accélérer l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. Le rendez-vous est déjà pris pour approfondir ces avancées lors du prochain Congrès international et Exposition de l’AAEA, prévu du 9 au 13 février 2026 à Yaoundé.
Gervais Fredy Memana
