Ce jeudi 27 novembre 2025, Yaoundé s’apprête à accompagner Ange Ebogo Emerant pour son dernier voyage. Légende du bikutsi et Grand Cordon de l’Ordre du Mérite camerounais, l’artiste verra une foule de proches, de mélomanes et d’institutionnels se rassembler pour la levée de corps, avant trois jours d’hommages artistiques.
Né le 4 décembre 1952 à Mfou, Ange Ebogo Emerant aura bâti une carrière exceptionnelle, marquant profondément l’histoire de la musique camerounaise. Choriste puis chanteur, guitariste, arrangeur et auteur-compositeur, il s’impose grâce à une voix singulière qui lui vaut le surnom de « voix d’ange ». Dans les années 1980 et 1990, il écrit certaines des pages les plus marquantes du bikutsi moderne, notamment avec le titre emblématique Sogolo Mon. Au fil de plus de quatre décennies d’activité, il laisse derrière lui une œuvre dense, riche de centaines de compositions et d’une vingtaine d’albums, faisant de lui l’un des artistes les plus prolifiques et les plus respectés de sa génération. En reconnaissance de l’étendue de sa contribution culturelle, il est décoré en novembre 2020 du Grand Cordon de l’Ordre du Mérite camerounais, la plus haute distinction artistique du pays.
Décédé le 28 août 2025 à l’âge de 73 ans, Ange Ebogo Emerant reste également dans les mémoires comme un homme d’une profonde simplicité. Formé à la menuiserie avant d’embrasser la musique, il conserve toute sa vie une proximité authentique avec les milieux populaires, s’investissant dans les chorales et les spectacles intimistes, loin des artifices du show-business. À partir de ce soir, une veillée artistique exceptionnelle rassemblera plus de 100 artistes au Musée national, illustrant l’immense respect que lui porte la communauté culturelle. Ces hommages se poursuivront jusqu’au 29 novembre, jour de son inhumation à Mvem Olanguina, dans la région du Centre, où reposera désormais celui qui fut l’un des plus puissants ambassadeurs de l’âme musicale camerounaise.
Figure incontournable du bikutsi, Ange Ebogo Emerant laisse une empreinte indélébile dans la culture camerounaise. Par son talent, son humilité et son héritage monumental, il continuera d’habiter les mémoires, les voix et les scènes du pays bien au-delà de cette ultime traversée.
Ghislain ler David AME.
