À la veille de l’élection du nouvel exécutif régional, le Sud s’interroge sur un bilan devenu presque invisible. Entre désengagement institutionnel, services sociaux en ruine et absence flagrante d’accompagnement des communautés rurales, les populations vivent une détresse quotidienne qui rend l’appel au renouveau plus urgent que jamais.
Dans le Sud, les habitants cherchent encore l’empreinte du Conseil régional, mais ne trouvent que des promesses évaporées. Les hôpitaux croulent sous le manque de médicaments, les plateaux techniques sont dépassés, et les malades se retrouvent livrés à eux-mêmes. Les écoles, quant à elles, témoignent d’une catastrophe silencieuse: salles de classe sans tables-bancs, infrastructures délabrées, toitures menaçant de s’effondrer. L’accès à l’eau potable reste un luxe dans plusieurs localités, obligeant femmes et enfants à parcourir des kilomètres pour puiser une eau souvent douteuse. Pendant ce temps, des villages entiers restent plongés dans l’obscurité faute d’électrification rurale. Le désengagement persiste, la communication institutionnelle demeure inexistante, et même Sud FM-TV, projet média à grand espoir quoique coûteux, peine à atteindre l’objectif régional d’informer la population.
D’un arrondissement à l’autre, la même déception revient: à quoi ont réellement servi les sessions du Conseil régional ? Le sentiment d’abandon est renforcé par la quasi-absence d’accompagnement des organisations villageoises, pourtant essentielles au développement local. Beaucoup se sentent seuls, ignorés, condamnés à se débrouiller sans soutien ni orientation. Dans ce contexte, entendre parler aujourd’hui de stabilité, de continuité ou de consolidation frôle l’ironie. On ne consolide pas ce qui n’a jamais existé. On ne peut pas aspirer au bonheur collectif quand le passé récent est marqué par la douleur l’incertitude, l’inaction et la promesse non tenue. Les engins de génie civil acquis à prix de milliards n’ont pratiquement laissé aucune amélioration visible. Le Sud continue d’attendre une administration régionale réellement présente, efficace et responsable.
Face à l’ampleur du vide laissé par ce mandat, l’appel au renouvellement devient une évidence absolue. Les populations réclament, à haute voix, l’application de la vision du Président Paul Biya: « Le septenat des jeunes et des femmes » . Elles veulent des acteurs de terrain, capables de redonner espoir aux communautés, de chercher et conquérir les investisseurs, de soutenir les initiatives villageoises, de garantir l’accès à l’eau potable, de relancer les services sociaux, et de reconstruire la confiance perdue.
De la Mvila au Dja-et-Lobo, de l’Océan à la Vallée du Ntem, la demande est la même: voir enfin des responsables présents, compétents et engagés, prêts à sortir la région du cycle d’inertie qui l’épuise depuis cinq ans. Le Sud ne demande pas l’impossible: il demande simplement un exécutif qui travaille, qui écoute et qui agit. Après cinq années de désengagement, de souffrances sociales et de promesses sans suite, l’heure n’est plus aux discours ni aux justifications. L’heure est au changement profond, à la relève, à l’émergence d’acteurs offensifs capables d’offrir un avenir digne à des populations qui méritent mieux. Le temps du renouveau n’est plus une aspiration: c’est une nécessité absolue.
Céline Claire NA.
