
La conférence annuelle des services centraux et déconcentrés du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), ouverte ce 29 janvier 2026 à l’ENAM, s’achève ce 30 janvier sur une note d’espoir et de satisfaction, après une première journée riche en échanges et en perspectives autour du progiciel AIGLES et de l’intelligence artificielle.
L’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) accueille, du 29 au 30 janvier 2026, la Conférence annuelle des services centraux et déconcentrés du Minfopra. Placée sous la supervision du ministre Joseph Le, cette rencontre stratégique est consacrée au thème: « Application Informatique des effectifs et de la solde (AIGLES), une année au service de l’administration publique camerounaise dans un contexte de montée en puissance de l’intelligence artificielle : évaluation et perspectives ». Les travaux sont modérés par le Secrétaire général du Minfopra, Anatole Maina.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités de premier plan, notamment le Président du Conseil d’administration de l’ENAM, par ailleurs Secrétaire générale du ministère de la Justice, ainsi que de nombreux directeurs généraux et responsables administratifs. La première journée, tenue le 29 janvier, s’est soldée par une satisfaction générale des participants, tant au regard de la qualité des échanges que de la pertinence des thématiques abordées. Elle a débuté par l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations issues de la conférence annuelle de 2025, avant de se poursuivre avec une série d’exposés techniques et prospectifs.
Quatre communications majeures ont marqué les travaux. En ouverture, Bengono Danick Armel, Chef de la Division des systèmes d’information, a présenté la généralité ainsi que l’architecture fonctionnelle et technique d’AIGLES, soulignant que « AIGLES est la solution structurée aux limites des anciens systèmes ». Le deuxième exposé, axé sur l’impact du progiciel sur l’efficacité administrative, le contrôle de la masse salariale et la gouvernance, a été présenté par Dikoume Batindi Hervé Brice, Chef de la Division de la réglementation, de la prospective et du contrôle des effectifs.
Selon lui, le sondage en cours permettra d’évaluer le niveau de satisfaction des agents publics, la révolution induite par AIGLES au sein de l’administration publique camerounaise est déjà perceptible. Les bénéfices, difficultés et perspectives du progiciel ont ensuite été abordés par Ntifa Moïse Hervé, Chef de la Division de la coordination nationale du SIGIPES. Toutefois, l’exposé du Pr Abessolo Alo’o Ghislain, Conseiller technique n°1, a particulièrement retenu l’attention, en ouvrant la réflexion sur la place de l’intelligence artificielle au sein de l’administration publique. Face à la montée en puissance de l’IA, le débat a mis en lumière à la fois ses opportunités et ses risques.

Rappelant que l’intelligence artificielle, dont le père est John McCarthy, se définit comme « la science et l’ingénierie de la fabrication de machines intelligentes » depuis 1956, le Pr Abessolo a souligné qu’elle constitue une promesse de progrès pour une administration plus efficace, plus crédible et plus proche du citoyen. Il a néanmoins mis en garde contre les dangers de manipulation dans un environnement encore peu réglementé. Au Minfopra, l’IA peut être envisagée comme un levier de modernisation, compte tenu de l’architecture technique déjà existante. Les participants ont toutefois insisté sur la nécessité de consolider son cadre d’intégration, afin d’en faire un outil maîtrisé au service de la gouvernance publique.

La conférence, qui s’achève ce 30 janvier 2026, se projette ainsi vers des perspectives ambitieuses, avec la volonté affirmée de renforcer la performance de l’administration publique camerounaise à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.
Céline Claire NA.
