
À Zoétele, une initiative sous la houlette de l’honorable Evina Ovambe Bernadette présentée comme salvatrice pour la jeunesse s’est muée en révélateur brutal d’un système verrouillé. Entre listes opaques, inégalités flagrantes et absence criante de représentativité, la population refuse désormais l’humiliation et exige la rupture.
L’actualité politique dans l’arrondissement carrefour du Dja et Lobo (Zoétele) vient de franchir un seuil critique. Une session de formation en entrepreneuriat destinée à près de 110 jeunes, annoncée comme une initiative des députés de la région du Sud, a surtout renforcé l’impératif d’un départ devenu inévitable. Loin de rassembler, cette action conforte une discrimination déjà établie dans l’arrondissement. Plusieurs localités, pourtant actives et parties intégrantes de Zoétele, disent avoir appris avec surprise la tenue de cette formation, comme si le bonheur avait des yeux et savait précisément où s’arrêter. Une situation vécue comme une humiliation collective et un déni d’égalité territoriale.

L’indignation s’est amplifiée à la publication tardive des listes de bénéficiaires. Certains fils de l’arrondissement peinent à reconnaître les noms qui y figurent, rendus publics à la dernière minute sans explication ni transparence. Plus troublant encore, les quelques noms connus sont toujours les mêmes, visibles à chaque initiative, en tout et pour tout, donnant l’impression d’un cercle fermé où l’accès aux opportunités est réservé aux habitués. Où est l’égalité des chances ? À Zoétele, la réponse semble cruelle: elle n’existe pas. Pour beaucoup, cette situation n’est plus seulement injuste, elle est devenue une honte.
Ces dérives choquent des responsables politiques locaux et indignent des représentants d’associations de jeunes, qui s’interrogent désormais ouvertement: la jeunesse de Zoétele est-elle condamnée à demeurer un simple bétail politique, utile uniquement lors des campagnes électorales ? Qui a choisi les bénéficiaires, selon quels critères et par quels canaux l’information a-t-elle circulé ? Le silence des organisateurs ne fait qu’approfondir la fracture sociale et renforcer le sentiment d’abandon au sein de la population.

Au-delà de cette formation, c’est tout un mandat qui est mis en accusation. En cinq ans passés au parlement, aucun compte rendu parlementaire n’a été présenté à la base, aucune séance d’échange n’a vu le jour, aucune action structurante n’a marqué les esprits. À peine quelques ouvrages abandonnés dans l’ancienne mairie, aujourd’hui appelée bibliothèque municipale, comme seule trace visible de ce quinquennat sinistre. Pendant qu’ailleurs les députés construisent des ponts, creusent des puits, accompagnent les élèves et dialoguent avec leurs populations, Zoétele suffoque. À l’aube des élections locales, la population dit non à la discrimination, non à l’égoïsme politique, et appelle à une rupture nette. Plus de honte, plus de silence: rien ne sera plus comme avant.
Gervais Fredy M.
