
Neuf ans après son lancement en fanfare comme sauveur du transport urbain, STECY SA n’est plus qu’un cimetière de carcasses rouillées.
Lancée en février 2017 pour remplacer le défunt « Le Bus », cette société de transport en commun de masse a sombré dans l’oubli, ses ambitions pulvérisées par des grèves, des pannes et une gestion chaotique.
Un Lancement pharaonique, un échec prévisible.
STECY promettait la lune: 40 bus sur 13 lignes à 200 FCFA le trajet, 80 000 à 100 000 usagers quotidiens, soutenue par 13 milliards FCFA portugais et 1,6 milliard de subventions étatiques annuelles. Des lignes VIP vers l’aéroport et les universités, des abris-bus high-tech étaient au programme. Mais dès décembre 2017, les employés grevaient pour salaires impayés ; en 2019, faillite et arrêts répétés forçaient l’État à injecter 2 milliards FCFA de plus. Le contrat est résilié en février 2023 par la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), scellant la fin de l’aventure.
2026: Bus à l’abandon, silence complice de la CUY.

Rendu en 2026, les bus STECY sont abandonnés à Nlongkak, où seuls les ferrailleurs font le beau temps, affairés à la découpe méthodique des épaves pour en tirer le métal. La communauté urbaine, plongée dans un silence assourdissant, n’affiche aucune réaction ni plan de relance, perpétuant le règne des motos-taxis et minibus anarchiques. Salem Tours Mfoundi, pressentie fin 2023 pour reprendre le flambeau, reste aux abonnés absents. Cette déliquescence expose les mirages des partenariats public-privé au Cameroun: promesses vides et usagers livrés à eux-mêmes. Quand Yaoundé retrouvera-t-elle ses roues ?
Gervais Fredy M.
