
À l’ouverture du 23e Congrès international de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA), plus de 3000 délégués de 60 pays se mobilisent à Yaoundé pour transformer les promesses en actes concrets. Sous le thème « Eau et Assainissement pour tous: des actions fortes pour l’Afrique », cet événement majeur trace la voie vers l’ODD 6, malgré les défis colossaux du continent.
Au Palais des Congrès de Yaoundé, le 9 février 2026, les applaudissements ont fusé alors que Gaston Eloundou Essomba, ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, lançait un appel solennel: « L’Afrique a les compétences et les ressources ; il nous faut une mobilisation durable et une convergence des volontés pour traduire les engagements en réalisations tangibles. » Son discours, vibrant d’optimisme, a posé les bases d’un réveil continental.
Ce congrès, qui se poursuit jusqu’au 13 février, vise à accélérer les innovations, renforcer les partenariats et mobiliser des financements adaptés aux réalités africaines. Aligné sur la Vision africaine de l’eau 2063, il ambitionne un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2030, en pleine course contre la montre des Objectifs de développement durable. Cheikh Tidiane Dièye, ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, n’a pas mâché ses mots: il plaide pour une stratégie continentale unifiée, une harmonisation des politiques et une coopération renforcée via des organismes comme l’OMVS et l’OMVG. « À quatre ans de l’échéance, nous devons parler d’une seule voix africaine sur la scène mondiale », a-t-il martelé, soulignant l’urgence d’un leadership propre.

Blaise Moussa, DG de Camwater et président de l’AAEA, a renchéri en appelant à passer des intentions aux actions structurelles. Pour lui, le secteur de l’eau doit devenir un levier économique et social, garantissant santé et sécurité aux populations.
Les défis titanesques de l’Afrique.
Pourtant, le continent ploie sous des problèmes majeurs: seul 60% des Africains accèdent à l’eau potable, et 30% à un assainissement géré. La croissance démographique galopante (2,5% par an), les assauts climatiques sécheresses et inondations et un sous-investissement chronique (déficit de 66 milliards de dollars par an) creusent les écarts. Les disparités ville-campagne s’aggravent, la pollution ronge les ressources, et les conflits transfrontaliers freinent tout progrès.
Yaoundé n’est pas qu’un lieu de discours: c’est un catalyseur.
Avec des échanges sur les solutions locales, des innovations technologiques et des financements novateurs, ce congrès pourrait bien marquer le tournant décisif pour une Afrique assoiffée de justice hydrique.
Gervais Fredy M.
