
C’est une avancée majeure pour le secteur culturel camerounais. Grâce à une convention signée entre les ministères du Commerce et des Arts et de la Culture, un nouveau mécanisme de collecte des droits d’auteur vient redonner espoir aux artistes, longtemps confrontés aux difficultés de recouvrement et à la précarité financière. Rendue publique à Yaoundé, la décision conjointe n°00034 Minac-Mincommerce du 25 avril fixe désormais les modalités de perception, le montant et le paiement des redevances dues au titre du droit d’auteur et des droits voisins par les bars et débits de boissons. Le principe est simple: un prélèvement à la source douze francs par casier vendu, soit 1 francs CFA par casier. Ce mécanisme vise à mettre fin aux tracasseries liées au recouvrement direct et aux tensions récurrentes entre artistes et exploitants d’établissements. Pour les sociétés de gestion collective notamment la SONACAM cette réforme devrait entraîner une augmentation substantielle des ressources et une réduction des charges liées aux opérations de terrain. Elle consacre également un partenariat salué comme « gagnant-gagnant » avec les acteurs économiques, parmi lesquels la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun, dont l’adhésion au dispositif a été publiquement reconnue.

« Tous les tenanciers de débits de boissons vont payer les droits d’auteur à travers un prélèvement tiré à la source. C’est une avancée structurante pour notre secteur », s’est félicité le Dr Ateba Bazore, président du conseil d’administration de la SONACAM. « Cette convention va améliorer significativement les conditions de vie des artistes et renforcer la crédibilité de notre système de gestion collective. »

Même tonalité d’espoir chez l’artiste Patou Bass : « Cela fait de longues années que nous attendions une telle mesure. Nous avons vu nos aînés partir faute de soutien suffisant. Avec cet apport, l’artiste se sentira plus heureux et plus respecté. Désormais, au Cameroun, on parlera des artistes avec dignité. »
David ler AME.
