
Déployée en phase pilote à l’échangeur d’Ahala à Yaoundé, la vidéo-verbalisation basée sur l’intelligence artificielle affiche, après dix jours, des chiffres préoccupants. Plus de 11 000 infractions ont été recensées, révélant l’ampleur des manquements au code de la route et la nécessité urgente de consolider la modernisation du contrôle routier.
Dix jours seulement après son lancement expérimental, la Vidéo-Verbalisation (VV) met en lumière une réalité inquiétante sur les routes camerounaises. Porté par l’intelligence artificielle, cet outil technologique s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de renforcer la sécurité des usagers et de moderniser le contrôle routier.

Testée à l’échangeur d’Ahala, la première phase pilote repose sur un système interconnecté aux bases de données de la visite technique, de l’assurance et des titres de transport. Selon Divine Mbamome Nkendong, Directeur du Transport Routier au Mint, il s’agit d’« une technologie fiable et sécurisée », capable de fournir des données précises et exploitables en temps réel. Les résultats parlent d’eux-mêmes. En dix jours, 11 428 cas d’infractions ont été enregistrés. Plus alarmant encore, 71 % des véhicules contrôlés étaient en situation d’irrégularité. Le défaut de contrôle technique représente 81 % des infractions constatées, tandis que l’excès de vitesse atteint 18,71 %. Le non-port de la ceinture de sécurité et d’autres manquements figurent également parmi les infractions relevées.

« Les faits sont là, les chiffres, les calculs, les numéros des véhicules, les indicateurs… tout est là et les données sont fiables », a martelé le Directeur. Au-delà des statistiques, ces chiffres traduisent un comportement routier préoccupant, souvent à l’origine d’accidents mortels et de véhicules réduits à l’état de ferraille. L’ambition affichée est claire: mettre hors d’état de nuire les conducteurs irresponsables et instaurer une discipline durable sur les axes routiers. La vidéo-verbalisation entend également lutter contre la corruption, en limitant l’intervention humaine dans le processus de contrôle. Grâce à la centralisation et à la traçabilité des données, l’État pourra établir un diagnostic précis et proposer des solutions adaptées pour réduire l’insécurité routière. Avec cet outil innovant, le Cameroun amorce un tournant décisif vers un contrôle routier modernisé, transparent et plus efficace, au service de la protection des usagers.
Gervais Fredy M .
