
À l’approche de la 41e édition de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée sous le thème « Droit, Justice et actions pour toutes les femmes et filles », immersion à la station-service TotalEnergies de Biyem-Assi 2, où les femmes revendiquent leurs droits dans un environnement professionnel qu’elles jugent respectueux, malgré les défis du quotidien.
À Biyem-Assi 2, derrière les pompes de la station TotalEnergies, les femmes ne se contentent pas de servir du carburant. Elles incarnent, à leur manière, l’esprit de la Journée internationale des droits des femmes. Ici, le thème de la 41e édition « Droit, Justice et actions pour toutes les femmes et filles » trouve un écho particulier.

Leuguen Elisa, pompiste, affiche un enthousiasme communicatif. « Je suis enthousiaste. C’est un moment de fête et de joie qui nous rappelle le chemin parcouru », confie-t-elle. Pour elle, cette célébration dépasse le symbole: elle met en lumière les avancées concrètes enregistrées par les femmes dans leur environnement de travail dans l’entreprise qui l’emploie.
La station se distingue par une organisation singulière: elle est dirigée par une femme. Un détail loin d’être anodin. « En tant que femmes travaillant en station, je sens que mes droits de citoyenne sont respectés. La justice également », affirme Elisa. Selon elle, la présence d’une gérante constitue un véritable levier pour l’équité et la compréhension des réalités féminines en milieu professionnel.
Aux côtés de la responsable, le chef de piste Ottou Georges contribue à maintenir un climat de collaboration harmonieux et valorisant « Elle nous comprend mieux. Avec le soutien de son collaborateur, nous n’avons pas à nous plaindre », souligne la pompiste. Dans cette station, le sentiment de protection et de solidarité entre collègues est palpable. « Nos collègues se sentent responsables de nous face aux égarements de certains», ajoute-t-elle.
Toutefois, le quotidien n’est pas exempt de difficultés. Face à certains clients, les préjugés persistent. « Il y en a qui veulent prendre le dessus sur vous parce que vous êtes une femme », déplore Elisa. Une réalité qui rappelle que les mentalités évoluent, mais lentement. Malgré tout, les employées privilégient le professionnalisme et la patience pour désamorcer les tensions.
Autre particularité notable: l’absence de travail de nuit pour les femmes. À 22 heures, la station ferme ses portes et chacune regagne son domicile. Une organisation qui favorise l’équilibre entre vie professionnelle et familiale, dans un contexte camerounais où concilier responsabilités économiques et sociales relève souvent de la résilience.
Si à Biyem-Assi 2 l’expérience semble positive, la situation est loin d’être uniforme dans le secteur de la distribution des produits pétroliers. Dans d’autres stations, certaines femmes peinent encore à faire valoir leurs droits, parfois contraintes d’abandonner face à la pénibilité du métier ou aux risques inhérents à l’activité.
À quelques jours de la célébration mondiale du 8 mars, l’exemple de Biyem-Assi 2 illustre des avancées réelles, tout en rappelant que la quête de justice et d’égalité demeure un chantier permanent. Car au-delà des discours, ce sont les actions concrètes, au plus près du terrain, qui donnent tout son sens à la Journée internationale des droits des femmes.
Gervais Fredy M .
