
La construction du futur siège du Conseil régional du Sud constitue désormais une étape concrète dans le long processus d’affirmation institutionnelle et d’autonomie financière de cette collectivité territoriale. Après des années d’exercices dans des locaux loués qui pesaient sur les ressources limitées de l’institution une commission a effectué le 24 février 2025 une visite sur le terrain choisi à About (Bouss), près d’Essinguili, pour délimiter l’emprise foncière de 50 hectares qui accueillera le siège et des logements sociaux.
Une étape symbolique vers l’autonomie.
L’octroi d’un site propre, avec 20 hectares réservés au siège et 30 hectares pour des logements sociaux, marque une avancée importante vers l’indépendance du Conseil régional, une collectivité qui depuis sa mise en place ne dispose pas encore de bâtiments administratifs adaptés et fonctionne à partir de locations ponctuelles. Cette absence d’infrastructure propre avait été pointée comme un frein à l’efficacité administrative et une source de dépenses récurrentes pour l’institution, dont le budget se compte en milliards de FCFA par an par exemple, près de 6 milliards de FCFA proposés pour l’exercice budgétaire 2024.
Le défi du coût annoncé.
Si cette avancée est saluée comme stratégique, elle relance aussi un débat crucial, le coût global du projet. Sous l’ancienne mandature, plusieurs voix avaient alerté sur des estimations jugées faramineuses, notamment en raison de comparaisons avec d’autres projets publics d’hôtels de région ou d’édifices institutionnels, dont les coûts peuvent atteindre plusieurs milliards de francs CFA selon les surfaces et les spécifications techniques envisagées (d’autres régions ont vu leurs projets de sièges des institutions planifiés à des niveaux comparables ou supérieurs, parfois au-delà de 10 milliards FCFA).
Ce niveau de dépenses, dans un contexte de budgets régionaux serrés et d’attentes élevées en matière de services publics de base, exige une transparence renforcée sur les coûts prévisionnels, les sources de financement et les échéances de réalisation.
Vers une gouvernance responsable.

La commission a désormais donné instruction aux services techniques de procéder à la délimitation et aux relevés topographiques, une étape préalable indispensable avant la formulation de recommandations et le lancement des appels d’offres. La faisabilité technique du projet sera ainsi confirmée avant toute mobilisation budgétaire plus importante. Dans un contexte où la décentralisation reste un chantier structurant pour la gouvernance locale au Cameroun, la matérialisation d’un siège propre pour le Conseil régional du Sud pourrait transformer durablement le fonctionnement de cette institution. Toutefois, le succès de cette initiative dépendra autant de la qualité de sa mise en œuvre que de la rigueur dans la gestion des ressources engagées, afin d’éviter des dérives budgétaires qui avaient déjà suscité des critiques lors de l’ancienne équipe exécutive.
Gervais Fredy M .
