
La récente incinération de 2,5 tonnes de drogue à Douala a mis en lumière l’efficacité des forces camerounaises, mais soulève également une question cruciale: qui contrôle réellement la sécurité des marchandises entrant au Cameroun ? Un succès, mais à quel prix ? Bien que la saisie et la destruction des stupéfiants aient été saluées comme une réussite, cette opération soulève une interrogation: comment de telles quantités de drogue ont-elles pu passer les dispositifs de contrôle ? Ce succès doit masquer une réalité plus inquiétante: la gestion de la sécurité portuaire et aéroportuaire reste problématique.
Le Port de Douala et l’enjeu de la souveraineté.
Le Port Autonome de Douala (PAD) fait face à une opposition entre la gestion souveraine de la sécurité portuaire et l’influence d’opérateurs privés, tels que ceux impliqués dans le scanning des conteneurs. Ce conflit soulève une question essentielle: pourquoi dépendre de prestataires privés lorsque le Cameroun dispose déjà des compétences locales nécessaires pour assurer un contrôle de qualité ?

Vers une nationalisation des contrôles.
Cette saisie record doit être le déclencheur d’une réflexion stratégique. Le Cameroun doit prendre en main ses instruments de contrôle, tant au port qu’aux aéroports. Le pays dispose de l’expertise technique et opérationnelle pour gérer ces dispositifs de manière autonome, sans s’appuyer sur des acteurs privés. Cela permettrait de garantir une sécurité nationale renforcée, tout en réduisant la dépendance envers des entreprises dont les intérêts ne sont pas toujours alignés avec ceux du pays.
Souveraineté et sécurité doivent primer.
Au-delà du spectacle médiatique, la véritable question est celle de la souveraineté nationale. Le Cameroun doit réévaluer ses choix en matière de sécurité portuaire et aéroportuaire, nationaliser ses systèmes de scanning et renforcer son autonomie. Ce n’est pas un contrat commercial comme un autre, mais un enjeu majeur pour la protection du pays et sa population.
Ghidam
