
Alors que l’ancien président sénégalais Macky Sall annonce officiellement sa candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU, les autorités sénégalaises restent étonnamment muettes. À Dakar, aucune déclaration, aucun soutien officiel: un silence qui en dit long sur les enjeux diplomatiques et les clivages internes autour de cette ambition internationale.
L’ancien président sénégalais Macky Sall a officiellement annoncé sa candidature pour devenir Secrétaire général de l’ONU, visant à succéder à António Guterres fin 2026. Transmis au siège new-yorkais par Évariste Ndayishimiye, président burundais et en exercice de l’Union africaine, ce dossier incarne une ambition panafricaine et affirme la volonté du continent de peser davantage sur la scène internationale.
Une candidature fondée sur l’expérience et le panafricanisme
Préparée en toute discrétion depuis mai 2025, l’initiative de Macky Sall repose sur son expérience comme président de l’Union africaine en 2022 et son plaidoyer pour une meilleure représentation africaine au sein de l’ONU. Ingénieur de formation et président du Sénégal de 2012 à 2024, il met en avant sa gouvernance, ses efforts pour le climat et sa vision de la finance mondiale pour fédérer le soutien régional et celui de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
Silence stratégique à Dakar.
Malgré la notification officielle adressée au président Bassirou Diomaye Faye le 9 février, le gouvernement sénégalais reste discret au 4 mars. Le tandem Faye-Sonko, évoqué lors de la visite de Faye au Congo-Brazzaville, mesure avec prudence les enjeux diplomatiques et judiciaires passés, sans prendre de position publique. Ce silence contraste avec l’importance de la candidature et attire l’attention sur les tensions internes et les calculs stratégiques du pays. L’Union africaine et certains responsables républicains sénégalais, comme Abdou Mbow de l’APR, saluent la fierté nationale que représente cette candidature. Mais des voix critiques Amnesty International Sénégal (Seydi Gassama), Guy Marius Sagna et des victimes des troubles de 2021-2024 dénoncent un soutien jugé inapproprié face à un bilan controversé. Ce clivage illustre l’importance du soutien continental pour une ambition internationale.
Une compétition mondiale, avec plusieurs rivaux africains.
Le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, devrait recommander un candidat fin juillet pour approbation par l’Assemblée générale, avec une prise de fonction prévue le 1er janvier 2027. Outre les prétendants internationaux Michelle Bachelet (Chili), Rafael Grossi (Argentine) et Rebeca Grynspan (Costa Rica)Macky Sall affrontera plusieurs candidats africains de poids, notamment Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud), William Ruto (Kenya) et Moussa Faki Mahamat (Tchad), confirmant l’ampleur de la compétition sur le continent.
G. Fredy M.
