
Le département du Dja et Lobo vit depuis des mois un calvaire électrique qui dépasse de loin les simples défaillances techniques. Des jours, parfois des semaines, s’écoulent sans courant, alors même que le département abrite un barrage capable de fournir de l’énergie. Les commerçants enregistrent des pertes colossales, et la population s’indigne des délestage qui perdurent.
Le 24 mars dernier, jour du 41ᵉ anniversaire du Rdpc, la contradiction était flagrante. Comment peut-on célébrer 41 ans d’existence, d’avancées, de grands projets, de réformes et de réalisations… avec des groupes électrogènes, alors que des barrages fonctionnels existent ? Plus de la moitié du département était plongée dans le noir. À Meyomessala, bastion stratégique lié au Président de la République, la population assistait, abasourdie, à ce spectacle honteux et absurde. La fête, censée être un symbole de progrès et de réussite, s’est transformée en témoignage cruel de l’incapacité à convaincre par les faits.
Frustration, colère, incompréhensio: le mépris n’a jamais été aussi visible. Le cynisme atteint son paroxysme lorsque l’on se rappelle que quelques jours plus tôt, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba assurait la population de la bonne santé des infrastructures et de la disponibilité des ressources. Qu’est-ce qui a réellement échoué ? Défaillances techniques, incompétence ou volonté délibérée de nuire ? Certains murmurent que la fin de règne inspire ces comportements destructeurs. Le temps est venu de frapper du poing sur la table. Les visages sont connus, les responsabilités claires. Le Dja et Lobo n’est pas un laboratoire où l’on teste l’endurance des populations.
Chantiers abandonnés, poteaux électriques remplacés au compte-gouttes, plusieurs Cantons du département sans issus, projets de routes et de ponts stoppés: tout semble calculé pour paralyser le développement et alimenter la colère populaire, jusqu’à quand ce mépris sans craintes ?
Gervais Fredy M.
