Autrefois île de paix, l’arrondissement de Zoétélé dans le Dja et Lobo est aujourd’hui en proie à des vols organisés, à des assassinats et à l’incurie des forces de maintien de l’ordre. Silence d’ENEO, gendarmes devenus boxeurs et catcheurs, et indifférence des autorités locales: à ce rythme, les biens et les vies sont en danger, et la population ne sait plus à quel protecteur se fier.

L’insécurité s’est installée comme une ombre oppressante sur l’arrondissement de Zoétélé. En moins d’un an, la localité a été frappée par des vols audacieux et parfaitement orchestrés, laissant habitants et autorités dans un silence inquiétant. La nuit du 3 au 4 avril 2026 restera gravée dans les mémoires. Plusieurs villages ont été plongés dans le noir total: Ndele, Yem-Nkilzok, Nkilzok, Nkolgass, Nkolguet, Ando’o… Des villages qui ne respirent plus que l’air de l’incertitude face à l’indifférence de ceux censés les protéger. Selon les témoignages, un pick-up a servi d’éclaireur dès 21h et, quelques heures plus tard, à 23h, l’électricité a été coupée. À l’aube, les isolants flambant neufs installés par une élite en 2025 avaient disparu, emportés par des voleurs sans scrupule.
Cette attaque n’est que le dernier d’une série de crimes qui secouent la localité: le vol massif de matériel électrique à la fin de 2025 et, plus dramatique encore, l’assassinat d’une jeune femme retrouvée sans vie non loin du centre-ville. Et dans ce contexte, le silence est total non seulement des autorités locales, mais aussi des responsables de l’agence ENEO. Pour certains habitants, le mal est “dans la chaussure” : plus de cotisations aux postes de contrôle que de réelle vigilance. Les forces de maintien de l’ordre, censées protéger, donnent une image déconcertante: certains gendarmes, plus préoccupés par des démonstrations physiques, sont devenus boxeurs et catcheurs, incapables d’assurer la sécurité des biens et des personnes. À ce rythme, chaque village devient une cible facile, chaque habitant une proie potentielle. La population, jadis protégée par des infrastructures fiables, se sent trahie.

Les commerces périclitent, les villages s’éteignent, et l’angoisse devient le quotidien. Le proverbe « prévenir vaut mieux que guérir » semble vidé de tout sens, là où la prévention n’existe que sur le papier.
Face à cette dérive, un sursaut citoyen devient indispensable. La création de comités de vigilance locale s’impose pour protéger vies et biens. Mais la question demeure: où sont les chefs traditionnels et les responsables locaux censés veiller sur leur population. À Zoétélé, l’insécurité n’est plus un incident isolé. Elle est devenue un mode de vie, un constat amer que les habitants refusent de normaliser. Silence des autorités, passivité d’ENEO, inefficacité des forces de l’ordre: le temps presse avant que le désespoir ne se transforme en chaos.
La Rédaction .
