De Japoma à Olembé en passant par la cuvette de Nfandena, les grandes infrastructures sportives du Cameroun se dégradent dans l’indifférence générale. Entre absence d’entretien régulier et gestion réactive uniquement à la veille des compétitions, les stades inquiètent acteurs et observateurs du football national.
Par GFM

De Japoma à Olembé, en passant par la cuvette de Nfandena, le constat sur l’état des infrastructures sportives au Cameroun demeure préoccupant. Ces enceintes, pourtant conçues pour incarner le renouveau du sport national, semblent aujourd’hui souffrir d’un même mal récurrent: le manque d’entretien régulier et une gestion largement intermittente. Sur le terrain, les dégradations sont visibles et souvent dénoncées par les acteurs du sport. Pelouses irrégulières, zones techniques mal entretenues, équipements défaillants et espaces annexes négligés pourtant loués traduisent une réalité qui s’installe dans la durée. Plus inquiétant encore, la gestion de ces infrastructures semble n’être réellement effective qu’à la veille des grandes rencontres, comme si leur importance n’était redécouverte qu’en période d’événements.
Cette approche essentiellement réactive soulève de nombreuses interrogations sur la durabilité des investissements réalisés. L’entretien, au lieu d’être intégré dans une politique continue, apparaît souvent comme une opération de dernière minute, dictée par l’urgence du calendrier sportif. Une situation qui fragilise non seulement les installations, mais aussi l’image du sport local. C’est dans ce contexte que le rôle de l’ONIES est de plus en plus questionné, notamment en raison de son absence jugée visible sur le terrain dans le suivi quotidien des infrastructures. Une absence perçue par plusieurs observateurs comme un facteur aggravant de la dégradation progressive des stades. Lors de la rencontre ayant opposé Colombe Sportive du Dja et Lobo à Gazelle FA au stade de Nfandena, la situation a de nouveau été mise en lumière.

Fidèle Gastro, paneliste de l’émission Affiche Sport de ce jeudi, n’a pas caché son inquiétude face à l’état des installations observées, déplorant une gestion qui semble toujours se réveiller à la veille des matchs, sans véritable continuité dans l’entretien. Au-delà de ce match, c’est donc une problématique structurelle qui se dessine: celle d’infrastructures livrées à elles-mêmes entre deux événements, et d’une gouvernance qui peine encore à s’inscrire dans la régularité et la prévention. Une situation qui appelle à une refonte profonde du modèle de gestion des stades au Cameroun et à une implication plus constante des structures en charge de leur suivi.
