Alors que s’ouvre la Session de plein droit ce 16 décembre à Ebolowa, la pression monte autour du Président sortant Emmanuel Mve Elemva. Malgré un parcours salué sur le papier, de nombreuses voix locales dénoncent un mandat marqué, selon elles, par des annonces spectaculaires, des dépenses jugées excessives et des projets sans retombées tangibles pour les populations. À l’heure du bilan, certains élus estiment qu’il peine à présenter un état des lieux chiffré réellement convaincant et appellent désormais à un changement de cap et de leadership.
Arrivé à la tête du Conseil régional du Sud en 2020, Emmanuel Mve Elemva avait été accueilli avec un vif espoir : celui d’un renouveau institutionnel. Cinq ans plus tard, alors que le gouverneur convoque la Session de plein droit pour ce 16 décembre à l’hôtel Bengo d’Ebolowa, le climat politique s’est considérablement tendu jusqu’aux plus proches collaborateurs. Les élus et observateurs multiplient les critiques, allant jusqu’à appeler à une rupture nette avec la gestion actuelle.
Pour certains d’entre eux, malgré un parcours considéré comme impressionnant et un CV souvent qualifié d’admiratif, Emmanuel Mve Elemva demeure avant tout l’homme des grandes annonces et des maquettes, associé à des dépenses jugées faramineuses et sans impact direct sur l’amélioration des conditions de vie des populations. Le premier choc remonte à l’affaire des rideaux facturés à 60 millions de francs, restée sans explication officielle. Cet épisode a été, pour une partie de l’opinion locale, le point de départ d’un doute persistant sur la transparence de la gouvernance régionale.
L’acquisition de véhicules de luxe, tout comme le projet de construction d’un siège du Conseil estimé à 17 milliards de francs, ont renforcé les interrogations sur la réelle vision et les priorités du Président Emmanuel Mve Elemva. Pour de nombreux acteurs locaux, ces choix traduisent une priorité accordée aux symboles de prestige plutôt qu’aux urgences quotidiennes : emploi des jeunes, accès à l’eau potable, routes praticables, équipements communautaires.
La multiplication des achats d’engins, parfois jugés redondants, et la non-réalisation de plusieurs projets annoncés nourrissent davantage les critiques et les doutes. Certains estiment que ces orientations risquent de déstabiliser les finances de l’institution sans bénéfices concrets pour la population. À cela s’ajoute, selon plusieurs élus, l’incapacité du Président sortant à présenter un bilan chiffré cohérent et convaincant au terme de son mandat, un élément qui alimente encore davantage la contestation. Sur le terrain, l’exécutif fait valoir la réhabilitation d’environ 500 km de routes seulement et la construction de quelques dalots. Mais ces réalisations, jugées dispersées, peinent à satis
faire des attentes devenues très fortes.
Dans plusieurs arrondissements, les prises de parole se radicalisent : des leaders locaux estiment que le cycle ouvert en 2020 arrive à son terme et qu’une nouvelle impulsion s’impose. Certains appellent explicitement Emmanuel Mve Elemva à se retirer et à laisser la place à une nouvelle équipe, estimant que la région a besoin d’un changement de direction pour retrouver de l’élan et de la crédibilité. Ces voix parlent d’une « rupture nécessaire », d’une transition qui permettrait au Conseil régional du Sud de se recentrer sur ses missions fondamentales et d’engager une gouvernance plus collégiale, plus transparente et plus alignée sur les besoins réels des populations.
À l’approche de la Session de plein droit convoquée par Félix Nguele Nguele, l’enjeu dépasse désormais la simple reconduction d’un exécutif : c’est la vision future de l’institution qui est au centre du débat, et la question de savoir s’il faut ou non tourner la page du premier mandat d’Emmanuel Mve Elemva se pose avec une acuité sans précédent.
Du Groupe Media IMPACT ÉCHOS.
