Réunis dans la capitale politique camerounaise, des experts et responsables vétérinaires d’Afrique centrale renforcent leurs capacités pour mieux surveiller et éradiquer la peste des petits ruminants, une maladie aux lourdes conséquences économiques et sociales.
Par GFM

Depuis le 21 avril, Yaoundé abrite un atelier régional consacré au renforcement des capacités de surveillance de la peste des petits ruminants (PPR) et des autres maladies animales transfrontalières. Cette rencontre, qui s’achève le 23 avril, s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme panafricain d’éradication de la PPR au profit des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), à travers le Secrétariat panafricain pour la PPR, cet atelier vise à apporter une réponse concertée à une maladie virale hautement contagieuse qui affecte les ovins et les caprins.
La peste des petits ruminants demeure en effet endémique dans plusieurs pays de la sous-région. Elle freine la productivité animale, limite les échanges de bétail et de produits d’origine animale, et engendre des pertes économiques majeures estimées à plus de 2,1 millions de dollars. Dans une région considérée comme une zone stratégique de transition et un pilier de la sécurité alimentaire, la nécessité d’une vigilance accrue s’impose.

Pour Ndongo Marcel, coordonnateur régional du programme PPR en Afrique, cette maladie présente des similitudes avec la peste bovine, déjà éradiquée à l’échelle mondiale. « Dans l’histoire de l’humanité, la peste bovine a été la deuxième maladie à être éradiquée. La PPR possède des caractéristiques similaires, ce qui laisse entrevoir une issue favorable si les efforts sont maintenus et concertés», explique-t-il. Il souligne par ailleurs que la maladie touche principalement les populations rurales les plus vulnérables, avec des symptômes respiratoires et digestifs, accompagnés d’écoulements oculaires et nasaux, ainsi que de diarrhées, particulièrement chez les chèvres. Face à son caractère transfrontalier, une approche collective s’avère indispensable. « La maladie circule d’une région à une autre, d’une communauté à une autre. D’où l’importance de réunir les pays afin d’harmoniser les stratégies et les réponses », ajoute-t-il, évoquant comme mesure temporaire la mise à l’isolement des animaux suspects en attendant l’intervention d’un vétérinaire.
Les travaux de Yaoundé visent ainsi plusieurs objectifs: renforcer les capacités de surveillance des États membres, harmoniser les procédures de collecte et d’analyse des données épidémiologiques, définir les écosystèmes à risque et améliorer l’interopérabilité des systèmes d’information tels que RESEPI-AC, ARIS et WAHIS. Il est également question de dynamiser les réseaux régionaux de surveillance et d’élaborer des feuilles de route nationales et régionales. Représentant le ministère en charge de l’élevage, le conseiller technique n°1, Dr Mimbang, s’est félicité des avancées enregistrées, tout en appelant à maintenir la dynamique. Selon lui, l’éradication de la PPR constitue un enjeu majeur pour la stabilité économique et la création d’emplois, notamment en milieu rural.
Partenaire stratégique de cette initiative, l’Union européenne a réaffirmé son engagement à accompagner les efforts déployés dans la sous-région. Un soutien jugé essentiel pour atteindre l’objectif d’une Afrique centrale durablement débarrassée de cette maladie.
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