Après des années de dispersion, les fils et filles Moundang du Cameroun, en écho à leurs frères du Tchad et du Nigeria, amorcent un tournant historique. À Kaélé, les 22 et 23 avril, l’unification des associations culturelles a été scellée, portée par un leadership renouvelé et une ambition commune: reconstruire, ensemble, l’identité et la force d’un peuple.
Par Gervais Fredy M.

Une page se tourne pour la communauté Moundang. Réunis à Kaélé, dans le département du Mayo-Kani, les 22 et 23 avril derniers, les représentants des différentes associations culturelles ont posé un acte fort: celui de l’unité retrouvée. Après une longue marche en rangs dispersés, marquée par la multiplication des initiatives isolées, les Moundang choisissent désormais de conjuguer leurs efforts autour d’une vision commune.
À la tête de cette nouvelle dynamique, le Dr Taybé Ngaba s’impose comme une figure centrale. Désigné président issu de la fusion des associations Moundang du Cameroun, il incarne ce nouvel élan qui ambitionne de structurer durablement la communauté. Promoteur du premier tour des festivals de la CEMAC, il est aujourd’hui l’un des principaux artisans de ce rapprochement historique. « Ce que nous avons vécu à Kaélé constitue une étape phare dans la consolidation culturelle du peuple Moundang », souligne-t-il. Pour lui, ces assises marquent une rupture avec les années de dispersion et posent les bases d’un mouvement culturel transnational, inclusif et durable, reliant les communautés sœurs du Cameroun, du Tchad et du Nigeria.

Les travaux ont réuni un large éventail d’acteurs: représentants d’associations culturelles, autorités traditionnelles, mandataires désignés, ainsi que diverses personnalités engagées. Ensemble, ils ont examiné, amendé et adopté les statuts et le règlement intérieur de la nouvelle organisation, avant de mettre en place un bureau exécutif chargé de piloter cette transition. Au cœur des résolutions adoptées figure la création d’un cadre commun de dialogue, de réflexion et de valorisation de l’héritage Moundang. Une initiative qui s’inscrit dans la continuité d’un processus amorcé dès 2021 au Tchad, lors du premier festival des arts et de la culture Moundang, et renforcé par des rencontres récentes, notamment à N’Djamena.
Pour le Dr Taybé Ngaba, l’objectif est clair: « Nous avons choisi d’avancer sans exclure personne. » Sa priorité immédiate consiste à rendre opérationnel le bureau exécutif, assurer l’application concrète des décisions de Kaélé et poursuivre les échanges avec les membres encore réticents à rejoindre cette dynamique unitaire. Au-delà de l’organisation interne, l’ambition est également culturelle et symbolique. Il s’agit notamment de préparer la quatrième édition du Festival International des Arts et de la Culture Moundang, qui devra se tenir sous la bannière d’une communauté enfin réunie. Cette quête d’unité trouve un écho particulier dans la déclaration de Leré, adoptée du 12 au 14 mai 2025, sous le thème: « Unité et solidarité du peuple Moundang face aux défis de développement ». Un texte fondateur qui rappelle l’essentiel: « Ce qui nous unit est infiniment plus fort que ce qui nous divise. » Aujourd’hui, les Moundang semblent déterminés à transformer cette conviction en réalité. À Kaélé, ils ont posé les premières pierres d’un édifice commun. Reste désormais à le consolider, dans l’harmonie et la durée.
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