Le 15 avril 2026, un discours dense au Palais de l’Unité à Yaoundé. Devant les autorités politiques, diplomatiques et les forces vives de la nation, le souverain pontife a livré un plaidoyer vibrant pour la paix, la justice, la gouvernance intègre et l’engagement des jeunes, dans un pays confronté à des défis sécuritaires et sociaux majeurs.
Par Jessica Esso

Dans la solennité du Palais de l’Unité, siège du pouvoir exécutif camerounais, Léon XIV a donné le ton d’une visite placée sous le signe du dialogue et de l’espérance. Saluant un pays qu’il décrit comme une “Afrique en miniature”, le chef de l’Église catholique a insisté sur la richesse culturelle du Cameroun, qu’il considère non comme une fragilité, mais comme un levier pour bâtir une fraternité durable. Dès les premières minutes de son allocution, le pape a affirmé sa mission: encourager la construction du bien commun et raviver l’espérance dans un contexte mondial marqué par le doute et la résignation. Il a particulièrement interpellé la jeunesse camerounaise, l’invitant à s’engager activement dans la transformation politique et sociale du pays.Le discours a également été l’occasion de renforcer les relations entre le Saint-Siège et le Cameroun, dans la continuité des visites marquantes de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Léon XIV a appelé à un examen de conscience collectif, interrogeant les fruits concrets des engagements passés en matière de justice, d’unité et de service public. Face aux crises qui secouent certaines régions du pays notamment le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord, le souverain pontife a adopté un ton grave.

Il a évoqué les souffrances humaines derrière les statistiques: vies perdues, familles déplacées, enfants privés d’éducation. En réponse, il a lancé un appel fort à rejeter la violence pour embrasser une “paix désarmée et désarmante”, fondée sur la justice, la confiance et l’amour. Pour Léon XIV, cette paix ne peut être décrétée; elle doit être construite patiemment, avec la participation de tous. Il a ainsi insisté sur la responsabilité première des autorités publiques, appelées à gouverner avec intégrité, dans le respect des droits humains et de l’État de droit. La lutte contre la corruption et la transparence dans la gestion des ressources publiques ont été identifiées comme des conditions essentielles pour restaurer la confiance.Le pape a par ailleurs salué le rôle crucial de la société civile associations, ONG, leaders religieux et traditionnels dans la prévention des conflits et l’accompagnement des populations vulnérables. Il a rendu un hommage appuyé aux femmes, qu’il a décrites comme des “artisans infatigables de paix”, tout en plaidant pour une plus grande inclusion de leur voix dans les processus décisionnels.
Autre axe majeur du discours: la jeunesse. Présentée comme “l’espérance du pays”, elle nécessite, selon le pontife, des investissements urgents dans l’éducation, la formation et l’entrepreneuriat. Il a mis en garde contre les dangers du chômage et de l’exclusion, facteurs de frustration et de dérives sociales.Enfin, Léon XIV a souligné le rôle des traditions religieuses et du dialogue interreligieux dans la consolidation de la paix. Il a assuré de la disponibilité de l’Église catholique à collaborer avec les autorités camerounaises et les autres forces vives pour promouvoir la dignité humaine et la réconciliation nationale. Clôturant son intervention sur une note spirituelle, le pape a invoqué la bénédiction divine sur le Cameroun, appelant à une mobilisation collective pour bâtir un avenir fondé sur la justice, la paix et la solidarité.
